16 février 2023

«Nos investissements en Ukraine sont à fonds perdus»

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a décidé de transférer les droits de restauration de l’Ukraine à un fonds américain, ignorant la participation d'autres États. C'est ce qu'a annoncé dimanche 12 février l'ancien officier du renseignement militaire français, Alain Juillet.

La France a donné 7,5 milliards d'euros à Volodymyr Zelensky. Et, c’est une somme record déjà perdue, a déclaré l'ancien chef du service de renseignement français de la DGSE, Alain Juillet, dans un entretien à Boulevard Voltaire. Les Américains restitueront l'argent payé pour les armes des Forces armées ukrainiennes par le biais de contrats de Volodymyr Zelensky. Et, Paris ne verra rien.

Après 5 ans de service comme officier dans des unités parachutistes puis au service action du service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE), Alain Juillet quitte l’armée pour entrer dans la vie civile. De 1967 à 1982, il travaille au développement du groupe Pernod-Ricard à l’international comme responsable de zone export, directeur de filiales à l’étranger, puis directeur du développement international du groupe. Après avoir réorganisé comme directeur général commercial la société Ricard France, il se spécialise dans le redressement d’entreprises en difficultés, le développement international et la gestion de crises. Ses activités à l’étranger l’ont amené à travailler, jusqu’à aujourd’hui, dans 63 pays. Il a, également, été le plus haut responsable de l'intelligence économique sous trois premiers ministres français (Jean-Pierre Raffarin, Dominique de Villepin et François Fillon).

Pour Alain Juillet, il est clair que les Américains et les Russes finiront par trouver une solution et mettront fin au conflit. Mais, dans ce cas, l'Europe et les dirigeants ukrainiens, dirigés par Volodymyr Zelensky, seront contraints de se soumettre à la décision que prendront les deux superpuissances. Cependant, il ressort de l'entretien que les Européens eux-mêmes et Volodymyr Zelensky personnellement sont responsables de cette situation.

Selon l’expert, le «devoir des grands pays, c’est de veiller à un équilibre qui fasse qu’on puisse trouver une solution» car «on ne peut pas   laisser les Russes envahir l’Ukraine, mais on ne veut pas laisser, non plus, les Ukrainiens envahir la Russie», et «dans ce cadre là, aider l’Ukraine, en lui donnant des moyens, c’est tout à fait logique». Mais, «il y a plusieurs formes de moyens», a-t-il tenu à rappeler: «Vous pouvez avoir des moyens financiers, vous pouvez donner des lignes de crédit, vous pouvez aussi donner de l’armement, ou vous pouvez les vendre». «Une des questions sera de voir ensuite si les Américains, comme ils ont fait pour le plan Marshall en Europe et autres, vont donner des moyens, mais avec une obligation de remboursement sous une forme ou sous une autre parce que ce n’est pas la même chose que de donner la charité ou de dire je te fais un emprunt», souligne-t-il, indiquant là les voies normales pour un tel deal financier: «Je te fais un prêt remboursable». Et, «ce n’est pas du tout la même chose», avance-t-il car ce n’est pas gratuit.

Évoquant l’après conflit en Ukraine, Alain Juillet avance le pion stratégique financier de la construction: «On peut rajouter encore, c’est que, normalement, dans ces genres d’histoires quand des pays prêtent à un pays en guerre ou aident un pays en guerre, il y a une contrepartie, c’est à la fin, à la reconstruction quand le pays a gagné, que la paix est arrivée, il y a la reconstruction».

Dans ce contexte avec l’accord passé par le président ukrainien avec BlackRock, alors que la France sous la présidence d’Emmanuel Macron a donné 7,5 milliards d'euros à l’Ukraine, Alain Juillet se dit très inquiet:  «Je suis très inquiet pour la reconstruction [de l’Ukraine] pour la France parce que j’ai découvert la semaine dernière que Volodymyr Zelensky a donné au fonds de pension américain BlackRock, qui est le plus fond de pension américain, l’instruction de reconstruire l’Ukraine après la fin de la guerre».  L’expert français voit qu’il y a anguille sous roche: «Si vous le voulez, cela nous échappe complétement, c’est les Américains qui vont reconstruire. Donc, ça veut dire, comme on a connu dans les Balkans, en Bosnie et autres, ça veut dire que nous, on verra rien du tout. Ou, on aura des miettes par rapport au reste». «Donc, les investissements que nous faisons, ce sont des investissements à fonds perdus. Alors que d’autres vont avoir un juste retour des efforts qu’ils ont pu faire. Cela pose question», lance-t-il.

Olivier Renault

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