15 mai 2023

L’Egypte se dédollarise à son tour à vitesse grand V


Après l’Argentine la semaine passée, voici que l’Égypte rejoint officiellement la Nouvelle Banque de Développement (NBD), qui n’est autre que l’ex-Banque de Développement des BRICS, après avoir signé avec elle l’accord fondateur et acheté près de 12.000 de ses actions pour une valeur d’1,2 Md $. Créée en 2015 comme alternative à la Banque mondiale et au FMI, notamment pour financer des projets d’infrastructure et de développement dans les pays membres (émergents ou en développement), la NBD compte à présent, depuis septembre 2021, quatre nouveaux membres : Emirats arabes unis, Uruguay, Bangladesh et, donc, Égypte.
La Banque, qui siège à Shanghai, vise à constituer à terme une « réserve d’arrangement de devises » d’environ 100 Mds $ destinée à compenser les désagréments monétaires et financiers que ne manquera pas d’occasionner à ses membres leur plus ou moins progressive dédollarisation. Ce capital initial, divisé en un million d’actions d’une valeur nominale de 100.000 $, réparties entre les membres fondateurs des BRICS (410.000 actions pour la Chine, 180.000 pour la Russie, 180.000 pour l’Inde, 180.000 pour le Brésil et 50.000 pour l’Afrique du Sud) fait en réalité l’objet d’une libération en deux fois, par tranche de 50 Mds $. La Russie ne détient pour lors, par exemple, que 100.000 actions (10 Mds $), soit 18,98% du capital souscrit effectivement appelé. Le Brésil, lui, n’a pas divulgué le nombre d’actions effectivement acquises.

Comme nous l’avons expliqué dans le numéro de mai de Finance & Tic, avec 31,5% du PIB mondial, le poids économique des BRICS dépasse désormais celui du G7, qui n’en représente plus que 30,7% ! Ils représentent plus du quart de la superficie mondiale, 43% de la population et plus d’un tiers de la production céréalière. Ce que Macron aura bel et bien contribué à mettre en marche, c’est la dédollarisation du monde. De cela, nous serons éternellement reconnaissants au Grand Timonier de la Navarre, dont le portrait devra bientôt trôner dans toutes les mairies. 

Le chiffre de la semaine

99%, la chute du cours de bourse de la First Republic Bank

Et de 5 ! Après la faillite, il y a un peu plus d’un mois, de la Silicon Valley Bank (SVB) et de la Silvergate Bank, puis de Signature, et du Crédit Suisse, c’est au tour d’une cinquième société financière majeure, à nouveau Outre-Atlantique, de faire défaut : la First Republic Bank (FRB). La crise s’est accélérée pour elle dès la fin avril, lorsqu’elle a révélé que ses clients avaient retiré plus de 100 Mds $ de dépôts en mars, sur un total de 175, soit plus de 57% de retraits. Digital bankrun!

Contrairement à la SVB ou à Crédit Suisse, depuis plusieurs semaines que la faillite couvait, personne ne s’était encore présenté pour racheter la banque, ce qui a forcé l’Etat fédéral à intervenir. Le gouvernement a donc incité la JP Morgan, la plus grosse banque américaine, à la reprendre toutes affaires cessantes. Après un plongeon boursier de plus de 99%, les actionnaires de la FRB, qui valait encore près de 50 Mds $ en février, sont aujourd’hui à l’os. L’entreprise, qui a été mise sous séquestre de la FDIC (Federal Deposit Insurance Corp, l’organisme fédéral chargé de garantir les dépôts bancaires) viendra, en rejoignant la JP, concentrer un peu plus le déjà très concentré secteur bancaire américain. Big isn’t it beautiful?
 
La déclaration de la semaine

« La croissance de la France est solide, les résultats économiques depuis 6 ans sont très bons. » - Bruno Lumière©

Dilaté comme jamais, le Prix Nobel de Littérature X, Bruno Lumière© a encore frappé. Il a en effet déclaré sur Radio-Drahi vouloir « casser la spirale des prix alimentaires d’ici l’automne », sans toutefois préciser s’il parlait de l’automne 2027 ou de l’automne 2028, date à laquelle, cela ne fait pas l’ombre d’un doute, il sera toujours le locataire de Bercy. Selon lui, les distributeurs ont en effet accepté de jouer le jeu des opérations anti-inflation, et ce, bien qu’il ait été infichu de porter à son terme le projet gouvernemental de panier-Potemkine dit « anti-inflation ». Tout enhardi par sa saillie verbale, il a même surenchéri en expliquant que la croissance de la France était solide (sic !) et que « les résultats économiques depuis 6 ans [étaient] très bons ». Pas depuis 4 ans ni 7 ans, non ; tout pile depuis que le Grand Timonier s’est emparé du manche.

Si l’on regarde les graphiques à l’envers, il a raison : les résultats sont bons. Cependant, pour l’INSEE, que nous ne nous dispensons pas de critiquer, les prix à la consommation ont quand même augmenté de 6,9% en avril (en glissement annuel). Quant à l’endettement public, il est dilaté à hauteur de 3 000 Mds €, dont près d’un tiers depuis qu’il est ministre… Pas de doute : quand on écoute Bruno, on rayonne un peu de Sa Lumière. 

L’actif de la semaine

L’accélération de notre plan de débancarisation

« The Big-One », le grand Krach bancaire et financier dont tant de « complotistes » se repaissent, pourrait bien intervenir en septembre ou en octobre prochain, coïncidant ainsi avec la phase de test de l’€num, le tout 4 ans, mois pour mois, après le krach de septembre 2019 qui avait déjà failli provoquer la faillite de banques systémiques françaises, au premier rang desquelles la BNP et la Société Générale, à qui il manquait à l’époque près de 400 Mds de $ de liquidités. Dès avril 2020, à la faveur d’un méchant virus et après un semestre d’un très providentiel laxisme monétaire de la part des banquiers centraux européens et américains, ces banques étaient sauvées et « the Big-One » conjuré.

Mais en économie et en finance, comme dans toute entreprise humaine en général, on ne fait jamais vraiment disparaître un risque, surtout de cette taille : on le déplace. Et nous revoilà donc presque 1 400 jours plus tard quasiment au même point qu’à l’automne 2019, 600 Mds € de dette publique et de considérables dégâts psychologiques et « vaccinaux » en plus. Aussi le Courrier et Samarie se mobilisent-ils pour vous accompagner dans les mois qui viennent en vous réservant de nouveaux contenus premium (vidéos exclusives, cas pratiques, alertes financières, etc.) via une souscription à une annexe de la chaîne Telegram du Courrier.

Source : https://lecourrierdesstrateges.fr/2023/05/13/legypte-se-dedollarise-a-son-tour-a-vitesse-grand-v-par-florent-machabert/

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