Un
nouveau cri d’alarme concernant le manque de personnel dans les hôpitaux
français. Cette fois, c’est Rémi Salomon, président de la commission
médicale d’établissement de l’AP-HP, qui constate cet état déplorable
qui, selon lui, ne date pas d’hier.
Si
plusieurs collectifs de professionnels de santé s’inquiètent ces
derniers temps de ce qu’il se passe dans les établissements médicaux et
alertent notamment sur certains services d’urgences qui ferment de plus en plus souvent,
le professeur Rémi Salomon, président de la commission médicale
d’établissement de l’AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris),
souligne que cela fait des années que la France subit cette situation.
"Il
y a deux ans, pendant la dernière épidémie de bronchiolite, j'alertais
sur le fait qu'on envoyait des nourrissons à 200 km de Paris parce qu'on
n'avait pas de places pour les hospitaliser. Il manque surtout du
personnel infirmier, il y a aussi un manque de médecins, il y a des
services d'urgences qui ferment faute de médecins, il y a des blocs
opératoires qui ne tournent pas parce qu'on manque
d'anesthésistes-réanimateurs et d'infirmières-anesthésistes", a-t-il
déclaré sur Franceinfo.
M.Salomon
constate notamment que "la situation à l'hôpital en ce moment est
catastrophique" en région parisienne et est "très très inquiétante dans
beaucoup d'autres régions". Évoquant les causes, le médecin estime que
c’est la conséquence d'une politique de longue date qui consistait en ce
que l’hôpital reçoive des moyens uniquement sur des critères
budgétaires.
"On fixe le budget de l'hôpital a priori, sans tenir compte des vrais besoins", précise-t-il.
Vers un "effondrement de l'hôpital"?
D’après
lui, ce manque de personnel est criant car certains doivent attendre
aux urgences jusqu'à 24 heures pour pouvoir trouver de la place.
Une situation "au-delà de catastrophique"
Le 3 novembre, le Collectif Inter Urgences a dénoncé un état "au-delà de catastrophique"
tant les fermetures de services se multiplient en France. Il a pointé
entre autres les nombreux départs de soignants, épuisés par près de deux
ans de crise sanitaire, ainsi que le surendettement de l’hôpital
public. Le collectif regrettait qu’il y a 15 ans la France était le pays
avec le meilleur système de santé alors qu’actuellement elle n’est même
pas dans les 10 premières places.
Début
octobre, une enquête menée par le président du Conseil scientifique
Jean-François Delfraissy a abouti au chiffre de 20% de lits forcés à
être fermés par manque de personnel. Fin octobre, Olivier Véran a assuré
dans Libération avoir pris les mesures nécessaires, notamment la
création de places supplémentaires pour les études dans le secteur
médical et les revalorisations salariales.
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