12 octobre 2020

Mise en place d’un mécanisme de contrôle des investissements étrangers en Europe



L’Union Européenne vient de se doter d’un mécanisme de contrôle des investissements étrangers et sera pleinement opérationnel à partir de ce jour lundi.

Selon ce texte, ce n’est pas la Commission qui aura la possibilité de bloquer un investissement mais les États membres.

Comme le rapporte l’AFP « en 2016, Berlin et Bruxelles n’avaient pu que constater, impuissants, le transfert de technologies « made in Germany » lors de la reprise du fabricant allemand de machines-outils Kuka par le géant chinois de l’électroménager Midea, pour 4,6 milliards d’euros. L’intelligence artificielle, la robotique, les nanotechnologies ou encore les télécommunications font partie des secteurs susceptibles d’être concernés par ce dispositif ».

Vous remarquerez que le protectionnisme ou en tout cas une forme légère de protection devient possible en Europe, dès que l’Allemagne se fait piller et racheter.

Là, nos amis allemands trouvent tout de suite le libre échange nettement moins sympathique.

A noter d’ailleurs que si des pays comme la France ont été ruinés avant l’Allemagne car nous avions une industrie moins haut de gamme, la montée de gamme des Chinois menace désormais directement la puissance industrielle allemande, ce qui est une bonne nouvelle pour nous, puisque cela va infléchir (enfin) la politique allemande d’ouverture tout azimuts des frontières.

Autre élément, ce texte permet aussi à la Commission « d’émettre des avis lorsqu’un investissement constitue une menace pour la sécurité ou l’ordre public de plus d’un État membre », ou qu’il compromet « un projet ou un programme d’intérêt pour l’ensemble de l’UE, comme Horizon 2020 ou Galileo ».

« L’UE est et restera ouverte aux investissements étrangers. Mais cette ouverture n’est pas inconditionnelle », a commenté le vice-président de l’exécutif européen, Valdis Dombrovskis.

Ce n’est pas encore à la hauteur du problème ni des enjeux, mais c’est un début.

Un début timide, mais un début tout de même.

Charles SANNAT

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