30 mai 2018

Christian Eckert : "Il y a eu une démarche machiavélique d'Emmanuel Macron"


Dans son livre "Un ministre ne devrait pas dire ça..." publié jeudi, l'ancien député socialiste du Pays Haut et secrétaire d'Etat au budget Christian Eckert évoque sa vie politique locale et nationale. C'est aussi une critique acerbe de l'ascension et de l'exercice du pouvoir d'Emmanuel Macron. Christian Eckert ne mâche pas ses mots à l'encontre d'Emmanuel Macron.

Lorraine, France

Retiré de la vie politique, Christian Eckert a retrouvé sa liberté de parole, et le moins que l'on puisse dire, c'est que l'ancien député (PS) de Meurthe-et-Moselle et secrétaire d'Etat au budget (2014-2017) se lâche.

Dans son ouvrage publié jeudi 24 mai,"Un ministre ne devrait pas dire ça..." (éditions Lafont), le lorrain, invité de France Bleu Lorraine, livre son récit de l'exercice du pouvoir, dans les coulisses du puissant mais complexe ministère de l'Economie à Bercy, mais revient également sur sa vie d'élu local, dans l'ancien bassin minier du Pays Haut.

"Je n'écris pas pour me venger, ni pour briguer un poste" déclare t-il en préambule. Mais il ressentait le besoin de rétablir sa vérité, particulièrement sur l'actuel chef de l'Etat, dont il ne digère ni l'attitude, ni les propos.
"Le président Emmanuel Macron et ses équipes ont dit le plus grand mal de leurs prédécesseurs, de façon excessive et injuste."

Un Emmanuel Macron qu'il a côtoyé de près lorsque celui-ci était ministre de l’Économie, et qui s'est secrètement et méthodiquement mué en candidat à l'Elysée. Une "démarche machiavélique", qu'il avoue ne pas avoir décelé à ce moment. "Il y avait pourtant des indices : un cabinet pléthorique, beaucoup de temps à consacrer à des engagements qui dépassaient le cadre de son ministère, des visites, des doubles

L'action du Président de la République, dans la continuité de ce qu'il exerçait lorsqu'il était membre du gouvernement, ne trouve pas davantage grâce aux yeux de Christian Eckert : conflits d’intérêts, lobbys de la nouvelle économie, privatisations, hausse de la CSG pour les retraités, baisse des APL...

"On est sur des décisions qui favorisent un minimum de nos concitoyens les plus fortunés."

Un livre qui raconte également les incessants et indispensables arbitrages financiers entre les ministres. La mosellane et ancienne ministre de la Culture Aurélie Filipetti n'y est, au passage, pas épargnée... Il livre également quelques anecdotes savoureuses sur les souris de la Place Beauvau, un déplacement homérique sur l'Ile de Sein en compagnie de François Hollande, la passation de pouvoir avec son successeur Gérald Darmanin...

Fidèle à la gauche et aux socialistes, c'est aussi pour Christian Eckert l'occasion de rendre hommage à François Hollande, qui a exercé le pouvoir "dans une période extrêmement grave et complexe, et qui ne l'a pas fait en dilettante. J'ai beaucoup de respect pour lui." 

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