Correspondante à Washington :
Nouveau coup très dur pour les intérêts et l'influence des États-Unis au Moyen-Orient: leurs derniers soldats quittent le Yémen. Depuis le début de la présidence Obama, ce petit État du sud de la péninsule Arabique était devenu un point d'appui dans la région et un allié clé de l'Amérique en matière de coopération antiterroriste avec al-Qaida. Avec des opérations ciblées d'élimination de chefs terroristes, tel l'imam Anwar al-Awlaki, un extrémiste musulman américain célèbre pour avoir radicalisé nombre de citoyens américains via ses prêches sur Internet.
Mais tandis que le pays, secoué par des attentats terroristes et des affrontements sectaires, s'enfonce dans le chaos, les Américains sont forcés au départ. Après avoir évacué leur ambassade, dans la foulée du coup d'État organisé par des milices houthis chiites contre le président sunnite Hadi, aujourd'hui réfugié dans le port d'Aden, ils ont évacué leurs dernières troupes, une centaine d'hommes des forces spéciales, stationnés sur la base aérienne al-Anad, pour raisons de sécurité. Ils y assuraient la collecte de renseignements, pour faciliter les frappes de drones. Mais la prise de la cité voisine d'al-Houta, par les militants extrémistes sunnites d'al-Qaida dans la péninsule arabique (Aqpa), a sonné le signal du départ. Aqpa a en revanche nié avoir orchestré les attentats terroristes contre deux mosquées qui ont fait quelque 142 morts à Sanaa vendredi, ajoutant à la panique générale. L'État islamique a revendiqué ces attaques.
Le retrait américain intervient alors que les chiites houthis, aujourd'hui maîtres de Sanaa, ont appelé à la mobilisation générale, pour attaquer le fief sunnite d'Aden, où l'ex-président Hadi a établi un pouvoir concurrent.
« Nous allons redonner sa sécurité au pays et hisser le drapeau du Yémen à Saada, au lieu du drapeau iranien » Abd Rabo Mansour Hadi, ex-président du Yémen
Ce dernier a de son côté pris la parole pour la première fois depuis son éviction pour affirmer qu'il est le pouvoir légitime et appeler les insurgés chiites à déposer les armes et à accepter des pourparlers de paix, sous l'égide de l'Arabie saoudite. «Nous allons redonner sa sécurité au pays et hisser le drapeau du Yémen à Saada, au lieu du drapeau iranien», a-t-il dit, pour dénoncer l'immixtion de l'Iran dans le conflit. Des combats ont eu lieu entre les deux camps autour d'Aden ces derniers jours. Hadi a accusé les Houthis d'avoir effectué un tir de missile visant son palais.
Militaires à abattre
La décision de retrait des troupes américaines intervient alors qu'un groupe se réclamant de l'État islamique, la «Division des hackers de l'État islamique», a publié en ligne une liste de 100 militaires américains à abattre, appelant les frères vivant en Amérique à faire le travail. «Grâce à l'énorme quantité de données que nous avons obtenues de différents serveurs et bases de données, nous avons décidé de communiquer 100 adresses, afin que nos frères résidant en Amérique puissent s'occuper de vous», écrit le groupe, qui a mis en ligne les cordonnées supposées de membres de différents corps de l'armée américaine ainsi que des photographies. Ce dimanche, le commandement en chef des marines a appelé ses personnels à la «vigilance».
Source: http://www.lefigaro.fr/international/2015/03/22/01003-20150322ARTFIG00136-les-soldats-americains-quittent-le-yemen.php
De défaite en défaite, les États-Unis mènent le monde vers le chaos
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