27 octobre 2020

Toutes les dictatures ont une fin



En 1941, Mussolini renonce à la politique de la « guerre parallèle » qui s’est avérée être un échec. Alors qu’Hitler accumule les victoires et se tourne vers l’Angleterre, le Duce peine en Grèce et Afrique du Nord, et seuls les renforts de son allié lui permettent de sauver la face : c’est l’Allemand Erwin Rommel qui prend le commandement des troupes italiennes en Libye, et les victoires du Duce en Yougoslavie, en Albanie, en Épire et en Grèce sont avant tout des victoires nazies.

En rétribution, Hitler fait acheminer 160 000 soldats italiens à Stalingrad pour soutenir la Wehrmacht en février 1942. Après la défaite, 60 000 Italiens ayant trouvé la mort sur le front russe et le pays étant ruiné par l’effort de guerre, la production italienne s’effondre et les restrictions alimentaires s’enchaînent : en février 1943, on estime que la ration quotidienne d’un Italien est inférieure de moitié à celle d’un Allemand. La campagne en Afrique septentrionale, décidée par Hitler et Mussolini l’année précédente, est un échec : les troupes britanniques repoussent celles de l’Axe en Égypte, puis la Libye précédemment conquise par Rommel est perdue, et le 23 février 1943, les forces italo-allemandes sont défaites en Tunisie, ce qui signe la fin de la présence de l’Axe en Afrique.

Les apparitions de Mussolini abattu se raréfient, et le 24 juillet 1943, le Grand Conseil du fascisme, qui contrôle le PNF, vote son retrait du pouvoir au profit du roi Victor-Emmanuel III. Le propre gendre de Mussolini, Galeazzo Ciano, se retourne contre lui à cette occasion. Le roi promet l’immunité au Duce déchu, mais prévoit son arrestation, et le fait détenir d’abord à Rome, puis à Ponza, sur l’île de La Maddalena, et enfin dans une plaine isolée du massif du Gran Sasso. Hitler riposte en envoyant un commando libérer son allié : c’est l’opération Eiche, qui est un succès. Rapatrié en Allemagne, le Duce est reçu par le Führer le 14 septembre 1943. C’est ainsi que Mussolini, depuis Munich, déclare à la radio la refondation du PNF, qui devient le Parti fasciste républicain (PFR), et proclame la république italienne. De retour en Italie, il constitue un nouveau gouvernement le 23 septembre.


Mussolini à Gran Sasso, après sa libération , avec l’officier SS Otto Skorzeny auquel la propagande nazie attribue le mérite de l’opération.

Il s’agit évidemment d’un pouvoir fantoche, que l’Allemagne tient d’une poigne de fer : les troupes nazies sont présentes au nord de l’Italie, des milliers d’italiens sont contraints au travail forcé, et les soldats italiens sont placés sous le commandement d’officiers allemands. Rien n’est officialisé, mais il s’agit bel et bien d’une annexion. En janvier 1944, cinq des « traîtres » du Grand Conseil du fascisme qui avaient évincé Mussolini sont condamnés à mort, dont Galeazzo Ciano. La guerre civile entre les partisans de Victor-Emmanuel III et ceux du Duce fait alors rage depuis mai 1943.

En avril 1945, alors que les Alliés avancent et qu’Hitler est abandonné de toutes parts, Mussolini est plus isolé que jamais : en comprenant que les représentants allemands qu’il rencontre ont négocié la reddition des forces fascistes avec les Alliés, et ce sans l’accord de Hitler, il prend peur et quitte Milan dans la précipitation. Accompagné de ses fidèles et rejoint par sa maîtresse Clara Petacci, il remonte vers Côme et est arrêté au bout de deux jours par des partisans de Victor-Emmanuel III, qui le reconnaissent malgré son accoutrement d’aviateur allemand. C’est là, au village de Dongo, que les partisans reçoivent l’ordre de fusiller les prisonniers sans procès, le 28 avril 1945.



Les dépouilles du Duce, de sa maîtresse et de seize de leurs fidèles sont ramenées à Milan, où la foule se rue sur le convoi et commence à s’arracher les corps. Les autorités, afin de faire cesser la ruée mais de rassasier tout de même la soif de vengeance des Italiens, fait suspendre les corps par les pieds sur la Piazzale Loreto, où ils sont exposés aux railleries et aux crachats (voir photographie ci-contre). Hitler, apprenant la nouvelle depuis son bunker, se suicide le 30 avril avec sa maîtresse Eva Braun ; sur son ordre, leurs corps sont brûlés afin de leur éviter les outrages.

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