19 juin 2021

Les Etats-Unis ayant exclu la Chine des projets spatiaux internationaux, elle a développé ses propres projets



Il fut un temps où les États-Unis étaient ouverts à la coopération internationale pour explorer l’espace. Ils y gagnaient en prestige et en influence. Mais par crainte de la concurrence chinoise et russe ils ont cherché à exclure ces pays des projets internationaux.

En mai 2011, le Congrès interdisait déjà la coopération scientifique avec la Chine :

Une clause de deux phrases, incluse dans le projet de loi sur le budget américain approuvé par le Congrès il y a quelques semaines, menace de renverser plus de trois décennies d'engagement constructif des États-Unis avec la République populaire de Chine. ... Le représentant Frank Wolf (R-VA), un critique de longue date du gouvernement chinois et président du comité des dépenses de la Chambre qui supervise plusieurs agences scientifiques, a inséré cette clause dans la loi sur le budget pour empêcher la NASA ou l'Office of Science and Technology Policy d'utiliser des fonds fédéraux "pour développer, concevoir, planifier, promulguer, mettre en œuvre ou exécuter une politique bilatérale, un programme, une commande ou un contrat de toute sorte pour participer, collaborer ou coordonner bilatéralement de quelque manière que ce soit avec la Chine ou toute entreprise appartenant à la Chine".

L’Agence spatiale européenne ainsi que la NASA étaient à l’époque favorables à une future coopération avec la Chine sur la Station spatiale internationale et pour une mission prévue sur Mars.

Depuis lors, d’autres lois et sanctions ont rendu plus difficile la poursuite de la coopération avec la Russie sur la station spatiale internationale.

Bannie des projets spatiaux internationaux dans lesquels les États-Unis sont impliqués, la Chine a suivi sa propre voie. Dix ans plus tard, elle a fait alunir un module sur la face cachée de la lune, où le rover Yutu, dit lapin de jade, martèle actuellement des pierres lunaires dans son mortier à la recherche de l’élixir de vie.

L’année dernière, la Chine a envoyé sur Mars Tianwen, dite Questions Célestes, et un autre rover nommé Zhurong, un dieu du feu. Il s’y est posé en février : "Tianwen-1 va se mettre en orbite, atterrir et libérer un rover dès son premier essai, et coordonner ses observations avec un orbiteur", ont écrit, avant le lancement, les responsables de la mission dans la revue Nature Astronomy. "Aucune mission planétaire n'a jamais été mise en œuvre de cette manière. En cas de succès, cela signifierait une percée technique majeure."

Il y a une semaine, Zhurong, le dieu du feu, a pris un selfie et l’a envoyé sur terre : La caméra, initialement fixée au bas du rover, a été libérée par le rover à 10 mètres au sud de la plate-forme et a capturé les images vidéo du rover retournant à la plate-forme et prenant le selfie. La caméra a ensuite utilisé un signal sans fil pour transmettre les images et les vidéos au rover, qui les a envoyées sur Terre via l'orbiteur. "La Chine publiera en temps utile les données scientifiques correspondantes afin de faire profiter l'humanité des fruits du développement de l'exploration spatiale du pays", a déclaré Zhang Kejian, chef de la CNSA. 

 

Hier, l’agence spatiale chinoise a annoncé un autre succès : trois astronautes se sont installés dans Tianhe, l’Harmonie des Cieux, qui est le premier module de Tiangong, la station spatiale nommée Palais céleste : Trois astronautes chinois sont entrés dans le module central de la station spatiale permanente chinoise pour entamer une mission de trois mois, devenant ainsi les premiers occupants du module et les pionniers de l'un des plus grands projets spatiaux de la nation. ... Tianhe, le vaisseau spatial le plus grand et le plus lourd construit par la Chine, mesure 16,6 mètres de long et 4,2 mètres de diamètre. Le poids de l'engin, 22,5 tonnes, est égal au poids combiné de 15 automobiles de taille standard. Il est composé de trois parties : une section de connexion, une section de contrôle et de maintien de la vie et une section de ressources.

Pendant ce temps, la station spatiale internationale connaît de plus en plus de problèmes techniques et devient obsolète. La Russie envisage maintenant de construire sa propre station. Elle pourra aussi ajouter ses propres modules à la station chinoise.

La Russie et la Chine vont également coopérer pour construire une base permanente sur la lune : La Chine et la Russie ont convenu de construire conjointement une base spatiale lunaire qui sera "ouverte à tous les pays", a déclaré mardi l'Administration spatiale nationale chinoise dans un communiqué. ... Une déclaration de l'agence spatiale russe Roscosmos a indiqué que les deux organisations prévoyaient de "promouvoir la coopération pour la création d'une ILRS à accès libre pour tous les pays et partenaires internationaux intéressés, dans le but de renforcer la coopération en matière de recherche et de promouvoir l'exploration et l'utilisation de l'espace extra-atmosphérique à des fins pacifiques et dans l'intérêt de toute l'humanité".

Les tentatives de tenir la Chine et, de plus en plus, la Russie à l’écart des projets spatiaux internationaux n’ont fait que les inciter à lancer des projets concurrents. Ceux-ci sont susceptibles d’inciter davantage de pays à coopérer avec eux.

La politique d’exclusion des États-Unis n’a pas été couronnée de succès. En fin de compte, ils ont perdu toute influence sur les projets futurs pour lesquels la Chine et la Russie invitent tout le monde sauf les États-Unis.

L’humanité se porterait mieux si nous évitions de telles scissions.

Moon of Alabama

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