04 décembre 2019

Les patrons du BTP décidés à poursuivre les blocages malgré les annonces du gouvernement


"On ne va rien lâcher" : c'est le mot d'ordre de la trentaine de patrons du BTP réunis lundi soir devant le dépôt pétrolier de Brest. Après plusieurs heures de réunions au ministère de l'Économie, leurs représentants ont obtenu des avancées, mais pas de réponse à leur revendication principale. "Le gouvernement maintient la fin de la défiscalisation du Gazole Non Routier sous dix-huit mois, alors qu'on demande à ce que ce soit étalé sur cinq ans minimum", explique Bruno Corre, un des représentants qui participaient à la réunion.

Une "concurrence déloyale" selon les patrons du BTP

Nous avons obtenu _"un contrôle renforcé confié à la gendarmerie, un carburant spécifique avec une coloration pour le BTP, et une liste des engins qui ne pourront employer que ce carburant_", a déclaré Françoise Despret, présidente de la Chambre nationale des artisans des travaux publics et du paysage (CNATP), à l'issue de la réunion à Bercy. Pourtant, les patrons du BTP ne sont pas rassurés. "Un carburant spécifique limitera un peu les vols dans les réservoirs", reconnait Frédéric Trebern, patron à Ploneis, "mais il n'y aura pas un gendarme derrière chaque machine sur un chantier".

Pour les professionnels du bâtiment, le risque est de voir les agriculteurs et entreprises de travaux agricoles (ETA) empiéter sur leurs marchés, alors qu'eux bénéficieraient toujours de la défiscalisation du GNR. "Un tiers de coût en plus sur notre carburant, ça veut dire perdre une grosse partie voire la totalité de notre bénéfice", déplore Mickael Le Goasduff. "Si la mesure passe, on devra répercuter ça sur nos tarifs", préviennent les pros du BTP.

L'impact sur les particuliers se ferait aussi sentir au niveau des chantiers des marchés publics selon Freddy Trebaol, employé dans une TPE à Plougastel. "Le consommateur nous tape dessus aujourd'hui car il n'y a plus beaucoup de gazole dans les citernes, constate-t-il. Mais si demain le péage coûte plus cher, car les machines servant à faire les routes tournent au GNR, ça va faire bizarre !"

Les représentants du BTP doivent se réunir ce mardi pour décider des suites à donner au mouvement, comme à Rennes. À Brest, ceux qui bloquent le dépôt pétrolier sont déjà en train d'organiser des roulements pour tenir toute la semaine. Les trois préfabriqués installés samedi se remplissent de vivres. "Il faudra peut-être aller plus loin que le blocage des dépôts", conclut Freddy Trebaol.

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