28 mai 2018

Vos données personnelles seront toujours exploitées et sans réserve !


Vos données personnelles seront toujours exploitées sans réserve et ce n’est pas près de changer ! Parlez-en à notre ami Mark Zuckerberg qui aura vécu une semaine tout en contrastes. Comme un gamin qui aurait fait une bêtise, il est allé une nouvelle fois s’expliquer sur la porosité de Facebook en ce qui concerne les données personnelles de ses utilisateurs. Une sorte de tour du monde de la contrition où le jeune patron est allé cette fois se faire tirer les oreilles au parlement européen. Auditionné à Bruxelles, Mark Zuckerberg a une nouvelle fois présenté ses excuses, cette fois dans un costume sombre et strict. Un peu loin de l’image du geek en tee-shirt, le patron de Facebook n’a pas forcément répondu aux questions des eurodéputés, se contentant d’excuses. « Promis je ne le ferai plus » pourrait être sa ritournelle favorite. Une attitude qui a profondément agacé les eurodéputés qui ont réussi à déstabiliser Mark Zuckerberg, bien plus que les parlementaires américains, mais celui-ci a écourté l’audition parce qu’il avait un avion à prendre…

Autre ambiance le lendemain à Paris où le patron au visage poupon a été reçu en grande pompe par Emmanuel Macron puis par Frédérique Vidal et Cédric Villani. Une bonne couche de pommade et pas de questions qui fâchent. Il est vrai que Facebook a investi largement dans un centre de recherche en Intelligence Artificielle à Paris. Un succès qui conduira Facebook à investir encore sur notre territoire. Évidemment dans ce cas, pas question de mettre le jeune patron mal à l’aise ! Emmanuel Macron a donc reçu le patron de Facebook avec les honneurs et avec la promesse d’une poursuite des investissements en France. Il aura aussi été l’un des invités du salon VivaTech organisé par Publicis et Les Échos. Un salon qui se veut un pendant du CES de Las Vegas à la française. Une France qui met donc les petits plats dans les grands pour attirer les géants du net et de l’IA pour ne pas rester sur le bord de la route technologique et rater la robolution comme elle a raté le virage de l’informatique en son temps.

Alors dans ce contexte, il y a peu de chance que l’on entende Mounir Majhoubi et encore moins Cédric Villani monter au créneau en nous faisant croire que la France pourrait devenir le « gendarme » de la protection des données personnelles et réglementer les usages de l’Intelligence Artificielle ou critiquer l’évasion fiscale de ces géants du net. Dans ce monde mené par les intérêts plutôt que l’intérêt général, je pourrais volontiers citer la journaliste et chroniqueuse Charline Vanhoenacker, parlant de l’audition de Mark Zuckerberg : « À quoi bon l’intelligence artificielle alors que l’on a des torrents de connerie naturelle ! »

Il n’est pas trop tard… Mais presque !

Sylvain DEVAUX
Rédacteur en chef

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