14 janvier 2015

Après l'émotion, le business...

 
 Capture écran Ebay

La France n’a pas encore enterré toutes les victimes de l’attaque terroriste des 7 et 9 janvier que déjà fleurit un véritable business autour du drame. Le jour même de la tuerie de Charlie Hebdo, certains ont mis en vente sur le site d’enchères Ebay le tout dernier numéro, acheté le jour même 3€, et auquel avaient collaboré Cabu, Charb, Wolinski.


... Hier, 34 personnes se le disputaient encore alors que le prix avait atteint le sommet irrationnel de 15050€.

Et, bien que Joachim Roncin, son «inventeur» bénévole, a cédé tous ses droits sur un logo et un slogan qui ont fait le tour du monde et se voit déjà consacrer une page dans Wikipédia, «Je suis Charlie» est devenu le centre d’un commerce parallèle. Dénoncées et même vigoureusement contestées par de nombreux internautes, les ventes de produits dérivés ou pas, se sont multipliées cette semaine sur internet et dans la rue.

Déjà, dimanche, on pouvait voir aux abords du trajet de la manifestation parisienne des petits malins vendre à la sauvette des T-shirt arborant le désormais célèbre slogan identitaire «Je suis Charlie». Depuis, le business fait tâche d’huile, jusqu’à l’excès, jusqu’à l’arnaque : hier, alors qu’il n’était pas encore en kiosque, le nouveau numéro de Charlie Hebdo, avec en Une ce message «Tout est pardonné», était proposé sur Ebay pour... 79000€ en «achat immédiat»... A côté, et entre deux T-shirts sur lesquels se croisent un fusil et crayon, on pouvait aussi trouver de nombreux autres journaux datés du lendemain de l’attaque meurtrière contre l’hebdomadaire satyrique. Avec des prix pouvant atteindre la centaine d’euros. Certains assurent qu’ils verseront une partie des bénéfices à des associations caritatives. Bien sûr !..

Sur le site de vente en ligne Amazon, la requête «Je suis Charlie» donnait hier pas moins de 348 résultats. On y trouve de tout : T-shirt de toute sorte et de toutes couleurs portant le fraternel logo, vendus entre 13 et 19€, mugs à 9 ou 17€ (le même), coque d’iPhone (déjà !), badges à épingler déjà soldés (16€ au lieu de 23€ !), casquettes, porte-clés ou encore peluches portant le T-shirt revendicatif... et même un collier pour chien avec «je suis Charlie» écrit -en tout petit- à l’intérieur... L’imagination semble sans limite pour faire des profits sur le dos de la tragédie. On trouve même une «Chronologie de l’attaque de Charlie Hebdo», 64 pages à télécharger pour 2,41€. Certains sites de petites annonces ont en revanche refusé de se prêter à ce triste jeu. C’est ainsi que sur PriceMinister, la requête «Je suis Charlie» ne renvoie, pour l'heure, aucune réponse.

Difficile à quantifier, ce business rapporte gros, à coup sûr. Il suffit d’aller sur le site chinois Alibaba, pour le constater. Sur ce gigantesque magasin en ligne, on peut trouver des offres de fabricants installés notamment à Shangaï proposant les mêmes T-shirt que ceux trouvés sur les sites français, pour un prix variant entre... 0,81$ et 1,14$ (0,69€ et 0,97€), selon le volume commandé. Un des fabricants assure pouvoir envoyer jusqu’à 650000 unités dans un délai de 4 à 7 jours !

Plus sournois, près d’une soixantaine d’affairistes ont adressé à l’Institut national de la protection intellectuelle (INPI) une demande de «marque déposée» pour le slogan «Je suis Charlie». Une sollicitation si massive et soudaine que l’INPI a dû y réfléchir pour finalement rejeter toutes les demandes car, a-t-il précisé dans un communiqué «ce slogan ne peut pas être capté par un acteur économique du fait de sa large utilisation par la collectivité». Ouf !

Am

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.