06 mai 2024

Jeff Bezos : le Lex Luthor de Seattle veut devenir le Dark Vador de l’univers



S’il se fait plus discret que certains de ses compères milliardaires, Jeff Bezos n’en garde pas moins les mêmes manies, les mêmes penchants et surtout, le même parcours.

S’il se fait plus discret que certains de ses compères milliardaires, Jeff Bezos n’en garde pas moins les mêmes manies, les mêmes penchants et surtout, le même parcours. Avec ses excentricités dignes des méchants des films hollywoodiens et sa propension à vouloir jouer dans la “cour des grands”, Bezos est bien plus qu'un simple mortel. Il est le maître de l'univers... du commerce en ligne, le seigneur des terres numériques et le roi incontesté de la livraison express. Et pendant que les internautes achètent des gadgets en deux clics, il construit des vaisseaux spatiaux pour coloniser Mars. Qui aurait cru qu'un jour, l’avenir des terriens dépendrait autant d'un type qui commence ses journées dans un garage ? Mais bon, tant que les colis arrivent à temps, qui sommes-nous pour remettre en question les ambitions cosmiques d'un homme qui veut transformer l'humanité en une armée de (gros) colons interstellaires, tout en surexploitant près d’1,7 million de personnes... Ait confiance !!!

A la différence de Bill Gates ou de Mark Zuckerberg, le jeune Jeff n’est pas un féru de la programmation, heureusement. Il a néanmoins le sens des affaires. Sa première entreprise, il la crée au lycée. En 1986, après l’obtention de son Bachelor of Arts and Sciences en sciences de l’informatique, à l’université de Princeton, il entame directement sa carrière professionnelle. Il a 22 ans, né Jeffrey Preston Jorgensen, et tient à diriger sa propre entreprise, refusant quelques postes chez des géants comme Intel ou Bell Labs (ils l’ont échappé belle). Mais pour commencer, il intègre une start-up de télécommunications, FiTel.

Après deux ans de vains efforts, il se ravise et accepte un emploi, cette fois-ci dans le domaine des finances. D’abord chez Banker’s Trust, jusqu’à devenir vice-président en seulement deux ans. Il rejoint par la suite le fonds spéculatif D.E. Shaw, dont il devient vice-président en quatre ans (pas très bon signe). Son intérêt pour la technologie commence alors à germer.

On ne se fait pas des milliards sans casser des dos

Au début des années 1990, il est chargé de dénicher de nouvelles opportunités commerciales sur Internet. Sur une liste de 20 produits à vendre en ligne, il retient les livres. Il propose son idée à son employeur, mais celui-ci ne manifeste aucun intérêt. Il quitte D.E. Shaw et se lance. "Je savais quand j'avais 24 ans que je n’aurais jamais réfléchi, par exemple, à la raison pour laquelle j'avais renoncé à mon bonus de Wall Street de 1994, en plein milieu de l'année”. “En même temps, je savais que je pouvais sincèrement regretter de ne pas avoir participé à ce truc appelé Internet dont je pensais qu'il allait être un événement révolutionnaire. Quand j’y pensais de cette façon ... c’était incroyablement facile de prendre la décision”, raconte-t-il.

Son idée de vendre des bouquins l’obsède (Bruno Le Maire lui en sera certainement très reconnaissant). “J’ai appris que l’utilisation du web augmentait de 2 300 % par an. Je n’avais jamais vu ou entendu parler de quelque chose avec une croissance aussi rapide, et l’idée de créer une librairie en ligne avec des millions de titres m’enthousiasmait vraiment”, poursuit-il. Comme une condition sine qua non pour devenir un géant du web, Amazon débute dans le garage de son fondateur, à partir de juillet 1994, grâce, principalement, à l’investissement de plus de 245 000 dollars de ses parents.

Les débuts sont prometteurs puisque la boutique en ligne vend aux États-Unis et dans 45 autres pays. Jeff Bezos qualifie même son entreprise de “la plus grande librairie du monde” et n’hésite pas à s’accaparer de secrets commerciaux auprès de Walmart, en recrutant ses anciens cadres, ce qui lui vaut des poursuites judiciaires, réglées à l’amiable. Amazon survit au krach de la bulle Internet en 2000 et ne vend plus seulement des livres, mais tous types de produits, y compris des services informatiques. Jeff Bezos, qui est également l’un des premiers investisseurs dans Google, est déjà riche. GAFAM un jour...
 

Amazon est associée à eBay ou AOL quand on parle de commerce en ligne. La société réalise en 2001 un chiffre d’affaires de plus d’un milliard, avec des bénéfices de 5 millions de dollars. Cinq ans plus tard, le virage technologique de ses produits est amorcé avec une gamme de services d'infrastructure informatique Web.

... A mesure que le groupe évolue, son sentiment d’impunité s'accroît. Son fondateur est déjà connu pour être très exigeant, n’hésitant pas à laisser exploser sa colère contre ses employés. Dans son entreprise, on lui reproche une culture frugale, avec peu d’avantages motivants.

L’insolence d’un super-profiteur

Les conditions de travail chez Amazon seront d’ailleurs sans cesse critiquées au fil des ans. Salaires insuffisants, surveillance constante avec mise en place de systèmes de collecte de données liées à la productivité, des pauses de plus en plus restreintes... Tandis que le patron d’Amazon s’amuse à concurrencer Bill Gates et Elon Musk au classement des hommes les plus riches de la planète, les employés étouffent et frôlent le burn-out.

Amazon est également accusé d'optimisation fiscale, minimisant ainsi le montant de ses impôts payés dans plusieurs pays. En France, en plus du non-paiement de la TVA entre 2017 et 2019, le groupe est accusé de ne pas payer d’impôt à la hauteur du chiffre d’affaires réalisé dans l’Hexagone. En Grande-Bretagne, Amazon récupère les droits de propriété intellectuelle par un complexe montage financier et n'est imposé que de 2,4 % sur ses bénéfices, belle performance !

En Europe, la société est condamnée en 2017 pour avoir bénéficié d’un avantage fiscal de 250 millions d’euros de la part du Luxembourg. Amazon est sommée de payer cette somme mais conteste, avec les autorités de ce pays, la décision auprès de la Cour de justice. Un avantage qui accentue la concurrence déloyale, déjà excessivement pratiquée. Favoriser les offres et les vendeurs qui utilisent ses services, modifier l’algorithme pour faire apparaître ses propres produits en premier... les idées ne manquent pas chez l’ancien “libraire”.

La Federal Trade Commission (FTC) et 17 États américains déposeront une plainte contre Amazon, auprès du tribunal de Seattle, où se situe son siège, pour avoir "maintenu illégalement son monopole" à travers des "stratégies anticoncurrentielles et déloyales".

Tirant profit de ces pratiques et de ses employés, la société devient membre des GAFAM et le principal acteur du commerce en ligne dans le monde. Aux États-Unis, Amazon est le deuxième employeur avec 1,4 million de salariés. Le confinement aidant, les résultats atteignent des seuils records en 2020 lors de l'épidémie de COVID, et la firme de Seattle réalise une hausse de 40% de son chiffre d’affaires et double ses bénéfices.

Jeff Bezos, première personne à dépasser le seuil des 100 milliards de fortune en 2018, voit celle-ci atteindre 172 milliards de dollars en juillet 2020 puis aller au-delà des 200 milliards le mois suivant. Jamais dans l’histoire une personne n’a possédé une telle fortune.

En marge de son poste de PDG d’Amazon dont il démissionne en 2021, le milliardaire, comme une copie moins bavarde de Bill Gates mais tout aussi fourbe, se voit depuis longtemps déjà le maître du monde. Conquête de l’espace, transhumanisme, monde des médias ... Jeffrey Bezos n’a pas attendu de franchir le cap des 200 milliards de dollars pour financer ses idées.

Le Roi du monde veut devenir le seigneur de l’Univers

A son départ de la direction du groupe, dont il reste le président exécutif du conseil d'administration, il s’investit, comme Elon Musk, dans Blue Origin, une société fondée en 2000 et spécialisée dans la production aérospatiale et dans les vols sub-orbitaux, dont le premier lancement est réussi en 2015. En 2021, il s’envole dans l'espace à bord de la fusée New Shepard, assemblée par sa société. Son ambition va bien au-delà, puisque Bezos entend bien envoyer “des millions de personnes” vivre et travailler dans l’espace, “pour le bien de la Terre”.

En 2013, il rachète The Washington Post pour 250 millions de dollars et certains, comme Donald Trump, y voient une démarche d’optimisation fiscale.

La concurrence avec Elon Musk s’étend également aux implants neuronaux. Pour concurrencer Neuralink, Bezos finance, avec Bill Gates, Synchron. La startup annoncera en avril 2024 le prochain recrutement de ses premiers patients pour des essais cliniques.

Gage que sa nouvelle conquête Lauren Sanchez, déjà fort enclin au “tuning” sera dans les cobayes.

Quoi de mieux pour confirmer sa stature de milliardaire comme l’ont été Ford, Rockefeller et Gates que d’investir de manière fourbe dans le “transhumanisme”, ou plutôt dans l’eugénisme, suivant la ligne directrice du WEF. La manie gagne le patron d’Amazon, qui investit massivement en 2022 dans une startup, Altos Labs, qui souhaite utiliser la reprogrammation biologique pour prolonger la vie humaine.

Rêvons ensemble de conquête spatiale, d’éternité et de pouvoir, et si ça tourne mal, réfugions-nous dans nos bunkers. Entre milliardaires, on se comprend. Comme un certain Mark Zuckerberg, Jeff Bezos, multiplie les achats immobiliers, s’offre deux manoirs sur l'île d’Indian Creek, un refuge de milliardaires détenu par Larry Ellison (fondateur d’Oracle) en Floride.

Et qu’importe, que le méga-ultra-giga-richissime patron d’Amazon ne paie pas d’impôts, qu’il fasse vivre un calvaire à ses employés ou qu’il souhaite transformer les humains en une race intergalactique, ne mérite-t-il tout de même pas d’être décoré de la Légion d’honneur par Emmanuel Macron ?

N'oublions pas, que comme ses confrères des GAFAM, il se verra accusé d’avoir obtempéré aux politiques gouvernementales durant le Covid, reléguant au fin fond des rayons d'Amazon, ou faisant quasiment disparaître les titres n’allant pas dans le sens de la doxa, car trop subversifs. 
 

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