21 juillet 2022

Le G7 vocifère mais a déjà perdu la guerre contre la Russie

Les dirigeants du G7 sont donc d’accord : plus de guerre avec la Russie. Sans dire exactement cela, c’est la principale conclusion de la réunion des dirigeants les plus timorés du monde.

Ils ont également promis 600 milliards de dollars qu’ils n’ont pas pour financer des projets d’infrastructure mondiaux afin de « combattre l’initiative Belt and Road de la Chine » . On peut se demander d’où viendra tout cet argent et, dans le cas de l’Europe, toute cette énergie pour financer tout cela.

Mais la question que je me pose depuis le début de cette évidente guerre d’usure que l’Occident veut imposer à la Russie est la suivante : avons-nous l’endurance, en matière de capacité de production réelle, pour encaisser ces chèques que nos dirigeants signent ?


Quand tu emportes un couteau émoussé pour mener
une guerre nucléaire

Un rapport important du Royal United Services Institute (RUSI), l’un des plus anciens groupes de réflexion militaires du Royaume-Uni, répond catégoriquement que non, même dans les rêves les plus fous. Alex Mercouris, de The Duran, a fait un travail remarquable en expliquant ce que le RUSI pensait de la capacité de l’OTAN à faire la guerre, par rapport au rythme militaire actuel de la Russie, quelques jours avant que cette idée se répande.

En bref, le fossé entre la production annuelle de munitions de l’OTAN et la consommation hebdomadaire des forces armées ukrainiennes est d’une ampleur stupéfiante.

Je vous ai dit au début de cette guerre que la Russie était résolument engagée dans une guerre d’usure contre l’Occident, en espérant que l’OTAN morde à l’hameçon d’une guerre terrestre en Ukraine. Je n’avais pas de chiffres pour étayer cette affirmation, seulement une déduction fondée sur ce que je comprenais de Poutine et de ses précédentes manœuvres contre l’Occident.

Ce qui est évident pour moi, c’est que les néocons et les néolibéraux qui contrôlent l’Occident, pensent qu’ils peuvent faire de l’Ukraine un bourbier pour Poutine, mais que faire si Poutine pense qu’il peut faire de l’Ukraine un bourbier pour eux ?

La Russie n’est pas capable de conquérir l’Europe. Mais elle n’en a pas besoin pour la vaincre. Elle a juste besoin de créer une version de cette carte :

Je savais que Poutine n’engagerait pas la Russie dans ce conflit si elle ne pouvait pas soutenir le combat. Je savais également que l’Occident MENTIRAIT EFFROYABLEMENT sur le niveau de corruption de la société russe afin de jouer sur les préjugés des généraux de salon américains peu informés.

Le système russe est-il parfait ? Non. Y a-t-il de la corruption ? Oui. Mais il est totalement absurde de penser qu’elle ne serait ni découverte ni éliminée de toutes les branches du complexe militaro-industriel russe au cours de la manœuvre militaire initiale. Les changements opérés par la Russie sur le plan stratégique et en matière de personnel l’ont préparée pour le long terme, en menant un type de guerre dans lequel elle excelle et contre lequel les États-Unis et l’OTAN ont laissé les FAU pratiquement sans défense.

Aujourd’hui, avec les sanctions qui affaiblissent encore plus les économies américaines et européennes et le « leadership » des bouffons qui viennent de se réunir en Allemagne, la Russie est bien placée pour remporter une victoire en Ukraine et laisser l’Occident à court d’armes si la situation actuelle ne change pas.

Le point soulevé par le RUSI est qu’il n’est peut-être pas possible de corriger le tir à temps pour influer sur le résultat en Ukraine, à moins d’une escalade impensable.

L’épuisement que nous pensions infliger à la Russie est la forme ultime de « boomerang des sanctions » pour l’Occident. À entendre la RUSI, c’est nous qui ne sommes pas en mesure de nous battre si le conflit se développe.

Et pourtant, à écouter le secrétaire d’État américain Antony Blinken ou le conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan, on pourrait croire que la Russie est toujours au bord de l’effondrement.

Maintenant, le G-7 pense qu’il a le pouvoir de fixer un plafond mondial pour le prix du pétrole brut. Je vous ai dit et répété que Davos croit vraiment qu’il a une sorte de pouvoir de monopsone sur les exportations de la Russie. Ils croient toujours que leur soif d’énergie, de nourriture, de métaux industriels, d’engrais, etc. leur donne un pouvoir sur Poutine.

Je vous rappelle cette scène charnière dans The Dark Knight Rises de Chris Nolan :

Daggetts – Qu’est-ce que c’est que ce bordel ?
Bane – Le plan se déroule comme prévu.
D – Oh vraiment ? Est-ce que j’ai l’air de diriger les entreprises Wayne en ce moment ? Votre coup à la bourse, ça n’a pas marché mon ami ! Et maintenant, vous envoyez mes équipes de chantier sillonner la ville 24 heures sur 24 ! En quoi c’est censé aider mon entreprise à absorber celle de Wayne ?
B – Laissez-nous.
D – Non, restez ici, c’est moi qui commande.
B – Vous avez l’impression de commander ?
D – Je vous ai payé une fortune.
B – Cela vous donne un pouvoir sur moi ?
D – Qu’est-ce que ça veut dire ?
B – Votre argent et votre infrastructure ont été importants jusqu’à présent. 
D – Qu’êtes-vous ?
B – L’expiation de Gotham. Je viens mettre fin à son sursis de vie.
D – Vous êtes le Mal incarné.
B – Le Mal nécessaire.

Et Poutine est le modéré dans les cercles du pouvoir russe. Il y a une centaine de Banes qui attendent dans les coulisses, heureux de briser le cou des John Daggetts auxquels il n’ont plus besoin de vendre du pétrole et du gaz.

J’ai observé Poutine pendant des années. Je l’ai vu faire pression sur sa banque centrale et les banquiers pour réformer le secteur financier. Je l’ai vu s’attaquer publiquement aux principaux oligarques industriels de la production de métaux et les réformer. Plus de six ans d’opérations militaires en Syrie lui ont permis d’acquérir de nombreuses données sur la manière d’exécuter une stratégie à long terme et de trouver les points de rupture de sa logistique et de ses opérations.

Et je suis sûr que cette guerre en Ukraine est autant un autre exercice de collecte de données sur les capacités de l’Occident qu’un test de résistance sur ses propres systèmes de production internes.

La Russie en est maintenant à 4 mois de cet examen. De nombreuses personnes ont été licenciées, emprisonnées, etc. Les personnes qui ne sont pas des pirates informatiques sont éliminées. Les opérations sont en cours.

Regardons maintenant l’Occident.

Les États-Unis, sous la direction de Biden, augmentent actuellement leurs dépenses militaires, vraisemblablement pour accroître les niveaux de production de munitions. Mais ce n’est peut-être pas le cas. Comme Alex le souligne à juste titre, reprenant des points abordés par Dexter White dans la lettre d’information Gold Goats ‘n Guns, la fabrication keiretsu ou juste à temps est notre mode de fonctionnement ici en Occident. Ce système est soumis à de fortes pressions en raison de la rupture de la chaîne d’approvisionnement créée par le Davos à cause du COVID-19.

Bien que les sanctions aient pu limiter la capacité de la Russie à se procurer ou à maintenir un large arsenal de chars et/ou d’avions de haute technologie, comme Dexter l’a souligné, cela n’est peut-être pas pertinent ici car il ne s’agit pas d’une guerre de technologie de pointe.

C’est une guerre d’artillerie de type Première Guerre mondiale, à laquelle nous ne sommes pas préparés. Scott Ritter m’a fait remarquer, lors de notre rencontre à la récente conférence de l’Institut Ron Paul, que l’OTAN ne s’entraîne plus à la guerre de manœuvre. Si l’entraînement des forces conjointes de la Russie est limité, comme l’a montré l’attaque de Kiev en février, l’avantage majeur des États-Unis a été sévèrement réduit par le manque d’entraînement et de préparation au cours des deux dernières décennies.

Dans l’ensemble, nous avons donc une situation militaire caractérisée par des chaînes d’approvisionnement fragiles, une capacité limitée à augmenter la production et une armée qui n’a pas été formée à la guerre soutenue à grande échelle.

Cela signifie que l’augmentation du budget du ministère de la défense de Biden à 813 milliards de dollars cette année n’est peut-être même pas appropriée. Au lieu d’être un renforcement en vue d’une guerre de plus grande envergure, il pourrait bien s’agir de la dernière goutte d’eau dans le vase avant que tout le système ne s’effondre.

N’oubliez pas que le Davos veut la destruction des États-Unis. Il a assidûment réduit la capacité de production vitale des États-Unis tout en les plaçant dans une situation financière fragile avec une population divisée et en colère.

Le décor est planté pour un conflit interne d’un type et d’une nature que nous n’avons pas vus depuis plus de 150 ans. Et nous sommes censés faire la guerre à la Russie, une puissance militaire nucléaire et conventionnelle ?

Sans compter que si l’OTAN déclare une guerre ouverte à la Russie, Blinken-les œillères et les anti-Diplomates ont en plus poussé la Chine à la paranoïa au sujet de nos intentions sur Taïwan.

Le véritable test de résistance a lieu maintenant. L’Ukraine est en train de s’écraser sous le poids de la capacité de la Russie à assurer un niveau inhumain de bombardement d’artillerie. L’article du RUSI ne fait qu’effleurer la possibilité pour la Russie de continuer à produire les munitions nécessaires, mais on peut penser que ces munitions sont bon marché et entièrement fabriquées sur place.

Cette situation a mis en évidence l’insuffisance massive de la capacité industrielle de l’Occident et a divisé les dirigeants politiques au sujet de ce qu’ils devraient faire ici.

La moitié d’entre eux veut continuer la guerre à perpétuité. L’autre moitié veut un cessez-le-feu. Aucun d’entre eux ne l’admettra lors de la réunion du G-7, car ils ne veulent pas paraître faibles ou admettre que les Russes les ont démasqués.

Il faut une quantité stupéfiante d’énergie pour mener une guerre soutenue. L’Occident est à la merci de la Russie pour obtenir cette énergie.

La prochaine phase de cette guerre est maintenant le divorce complet de l’Europe et du complexe énergétique russe avec des prix qui ne peuvent empêcher l’Europe de sombrer dans la dépression, voire dans la dépravation pure et simple.

Pour y parvenir, ces narcissiques hors normes pensent pouvoir fixer une limite à ce qu’ils sont prêts à payer pour un baril de pétrole ? Je pensais avoir tout entendu dans cette vie, mais c’est presque aussi délirant que les vidéos typiques de Libs of TikTok depuis l’annulation de Roe vs Wade.

La guerre d’usure financière contre l’Occident dont j’ai longuement parlé pendant des mois est la réalité d’aujourd’hui. En fin de compte, sans l’énergie ou l’argent pour se la procurer ou la produire, il n’y a pas de véritable guerre conventionnelle. Le retour de la guerre industrielle, comme l’indique l’article du RUSI, a déjà déterminé l’issue de la guerre en Ukraine.

Ce n’est qu’une partie de la raison pour laquelle Henry Kissinger a exhorté, lors de la réunion de Davos de cette année, à ouvrir les pourparlers et à entamer les négociations. Il semble qu’à ce stade, ses admonestations soient tombées dans l’oreille d’un sourd. Compte tenu de l’âge moyen des idiots qui prennent ces décisions, ce n’est bien sûr pas surprenant.

Le Davos a préparé les États-Unis à une humiliation totale en Ukraine, a sacrifié des milliers d’Ukrainiens, a mis en faillite des millions d’Européens et a corrompu des centaines de millions de personnes en soutenant une vaste bureaucratie incapable de répondre aux besoins croissants d’un système défaillant.

Le plus triste est ceci : ils pensent qu’ils sont en train de #gagner parce que tout se passe comme prévu. Ils passent à côté de l’essentiel, à savoir que la destruction trop rapide des États-Unis dans le processus ne permettra pas de cacher le fait que la guerre était destinée à masquer leur banqueroute.

La Russie et la Chine couperont l’Europe du commerce mondial si celle-ci fait défaut sur sa dette, ce que la présidente de la BCE, Christine Lagarde, a affirmé, face au monde entier, être prête à faire. L’attitude belliciste de la Fed détruit déjà les marchés des eurodollars, la source du pouvoir de Davos.

Les vestiges du fédéralisme américain fonctionnent encore à un niveau suffisamment élevé pour contrecarrer tous leurs plans. Cf. les décisions de la Cour Suprême des États-Unis la semaine dernière et le bilan de Ron DeSantis en tant que gouverneur de Floride.

En parlant de DeSantis, il est en train d’émerger rapidement comme le favori pour la nomination du GOP en 2024.

Donc, en conclusion, voici ce que je vois pour la suite :

  • La Russie ne s’arrêtera pas à sa victoire dans le Donbass.
  • Elle prendra Nikolaev, Kharkov et Odessa (notez l’orthographe russe, au diable la BBC !).
  • La Russie ne mordra pas à l’hameçon de Kaliningrad, mais coupera tout le gaz à l’Allemagne.
  • Le gouvernement allemand tombera, mais ce ne sera pas grave car les Verts, qui définissent la politique, contrôlent le Bundesrat.
  • La Russie continuera à ne pas donner à Davos l’excuse de déclencher la troisième guerre mondiale, même si la Finlande et la Suède entrent dans l’alliance.
  • Ils continueront à faire monter les enchères tout en exposant davantage la vacuité de leurs menaces.
  • L’administration Biden va continuer à essayer de déclencher une guerre à propos de Taïwan.
  • La Chine finira par leur rendre ce service, même si elle ne le veut pas.
  • L’effondrement de la Bulgarie n’est que le début de la fin de l’UE en Europe de l’Est.
  • Soit l’OTAN s’effondre, soit les armes nucléaires sont lancées. …. Je parie encore sur la première hypothèse.
  • Erdogan cédant à l’expansion de l’OTAN, Poutine s’opposera à lui en Syrie.
  • La Fed continuera de relever ses taux tandis que la BCE tentera de sauver sa peau.

En désespoir de cause, je m’attends à une provocation sous faux drapeau pour forcer les Russes à agir ou simplement pour justifier le fait que le Davos nous entraîne dans leur prochaine guerre, c’est-à-dire une autre attaque de virus ou d’armes chimiques, cette fois imputée à Poutine.

L’objectif de ce projet est une Europe indépendante, des États-Unis brisés et la vassalité pour l’Asie.

Ils atteindront, au mieux, l’une de ces trois choses. Une Europe indépendante mais brisée, sous la vassalité de la Russie et de la Chine, les États-Unis battant en retraite et pansant leurs plaies. C’est le futur que je vois maintenant, si les bombes nucléaires ne sont pas lancées.

Tom Luongo

Traduit par Zineb, relu par Wayan, pour le Saker Francophone

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