17 mars 2021

Trafic de migrants : un rapport confirme la complicité entre ONG et passeurs


Une vaste enquête des autorités italiennes accuse trois ONG de communiquer directement avec les passeurs pour secourir les embarcations de migrants en Méditerranée.

 


Un secret de polichinelle révélé au grand jour ? Un vaste rapport de 651 pages, publié début mars par les autorités italiennes, consulté par le quotidien suisse Le Temps et relayé notamment par CNews, confirme qu’il pourrait bien exister une complicité entre plusieurs ONG de sauvetage en mer et les passeurs de migrants. Ce document décrit en effet une grande proximité entre ces organisations et les trafiquants, qui les avertissent des départs d’embarcations remplies de clandestins pour qu’elles soient les premières sur place. 

Au cœur de cette enquête, trois ONG : Save the children avec son bateau Vos Hestia, Médecins sans frontières, via le Vos Prudence, et Jugend Rettet, par le biais de son Iuventa. Elles sont toutes les trois accusées d’avoir « contourné le système de secours mis en place par les autorités italiennes » en collaborant avec des passeurs. 

Des preuves vidéo, un policier infiltré…

Ce rapport très étayé se base notamment sur une saisie opérée par la police italienne en 2017, de plusieurs ordinateurs et téléphones portables, lors d’une perquisition du Vos Hestia. Les enquêteurs y ont par exemple découvert une vidéo où des trafiquants d’êtres humains viennent directement informer en mer des membres de Save the children qu’un bateau de 500 clandestins est en route, depuis les côtes libyennes. Plus tard, des migrants montent en effet à bord sous la houlette d’un homme qui disparaîtra ensuite au moment d’accoster dans un port italien, décrit CNews. Pour le bien de cette enquête, un policier a même infiltré une équipe de sauvetage. Un groupe Whatsapp de 69 personnes a aussi largement contribué à la procédure, tout comme de nombreuses écoutes téléphoniques. 

Au total, 21 personnes sont ciblées par l’enquête : des membres d’équipages et des responsables des ONG, de nationalité italienne, française, allemande, espagnole, belge ou britannique, rapporte CNews. Ils risquent de quatre mois à 20 ans de prison. Dans un communiqué, Médecins sans frontières a réfuté ses allégations, accusant les autorités italiennes… de vouloir criminaliser le sauvetage en mer.

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