26 juin 2020

Une candidate LREM aux municipales refuse de livrer des pédocriminels à la justice


L’association de prévention de la pédophilie L’Ange bleu fait l’objet d’une enquête pour non-dénonciation de crime commis sur mineurs. Sa présidente est candidate sur une liste LREM.

Le parti macroniste sait-il qu’il compte dans ses rangs une femme qui couvre des pédocriminels ? Mardi 23 juin, le parquet de Paris a ouvert une enquête contre l’association de prévention de la pédophilie L’Ange bleu, rapporte notamment Ouest-France. Cette dernière est soupçonnée d’avoir recueilli des témoignages de pédophiles sans en avoir avisé la justice. Plus grave encore, sa présidente Latifa Bennari, est candidate sur la liste du macroniste Serge Godard, à Bry-sur-Marne (Val-de-Marne). En août dernier, elle avait d’ailleurs assumé ne pas dénoncer les pédophiles.

« Mon rôle n’est pas de dénoncer »

Sur Europe 1, Latifa Bennari avait en effet justifié ses actes : « Je ne dénonce pas parque que je ne me substitue pas à la victime, […] parce que beaucoup de victimes veulent ou voulaient juste comprendre ». Et d'ajouter : « Mon rôle n’est pas de dénoncer, mon rôle est l’écoute. Ce n’est pas à moi de me substituer à la victime, c’est à elle, ou à ses parents si elle est mineure, de déposer plainte. Mais je peux les orienter dans cette démarche ». Elle estimait n’avoir « jamais eu la sensation de laisser libre un agresseur ». La candidate a également annoncé avoir déposé une plainte en diffamation contre une militante engagée contre les violences sexuelles sur mineurs, qui a qualifié ses méthodes de « dangereuses » sur les réseaux sociaux.

Le témoignage « de nombreuses victimes étouffé » ? L’enquête contre L’Ange bleu, ouverte le 19 mai dernier pour « non-dénonciation de crime commis sur mineurs de moins de 15 ans », a été confiée à la Brigade de protection des mineurs. Selon une source proche du dossier, elle a été ouverte après un signalement anonyme effectué sur la plateforme contre les violences sexistes et sexuelles. Fin mai, plusieurs associations de protection de l’enfance et de lutte contre les violences sexuelles, parmi lesquelles Innocence en danger, avaient annoncé avoir envoyé au parquet des signalements pour qu’il fasse la lumière « sur les agissements de Latifa Bennari ». Cette dernière réunit chaque mois, depuis 1998, des pédophiles abstinents et des agresseurs au sein d'un groupe de parole qui associe aussi les victimes. « Il est à craindre de nombreuses victimes étouffées par le silence des mots et la protection apportée par cette association », a déploré Homayra Sellier, présidente d’Innocence en danger.

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