23 mai 2020

Covid : anatomie d'une crise sanitaire

Il est bien sûr trop tôt pour tirer des conclusions définitives sur l'épidémie que nous venons de vivre : bien des questions restent à ce stade sans réponse ou avec des éléments de réponse à confirmer. L'hypothétique deuxième vague ressemble de plus en plus à celle de Brice de Nice, ce qui est un motif de soulagement -même s'il convient de rester prudent. Il n'est pas impossible qu'il y ait dans les semaines à venir quelques petits départs de feu (dus à des "clusters") et c'est l'hiver prochain que nous saurons si l'épidémie s'est éteinte d'elle-même ou si le Sars-CoV-2 se sera invité comme acteur récurrent des viroses hivernales, au même titre que la petite vingtaine d'agents infectieux endémiques.

La question de l'hydroxychloroquine continue de susciter les (à-peu près) mêmes passions -en dépit du fait que son utilisation n'est plus d'actualité devant le reflux du coronavirus. The Lancet vient de sortir une grande étude (non exempte de faiblesses) tendant à prouver l'inutilité et même un effet néfaste à sa prescription.

Nous sommes actuellement dans une situation où toute certitude raisonnable est hors d'atteinte : études et contre-études se succèdent, chaque "camp" réagissant à celles qui servent sa cause comme des supporters d'un club de foot à un but marqué par leur équipe et incriminant l'arbitre à chaque but encaissé... tout ceci ne ressemblant plus beaucoup à de la science.

Chaque camp accuse l'autre de partialité voire de tricherie, notre bonne presse suisse (toujours inféodée aux intérêts dominants) ne parle que des études concluant à une absence d'efficacité et un chienne n'y reconnaîtrait pas ses petits.

Comme j'annonçais que ce serait le cas dès début avril, nous pataugeons dans les scories et les dérives de la "recherche scientifique" médicale, qui permet de confusionner à l'infini et de manière stérilisante une vraie question de recherche. Qu'en plus de deux mois et demie, aucun essai clinique intègre, impartial, et indiscutable n'ait été produit laisse entrevoir quelque chose de la religiosité qui aura prévalu au débat... et de la probable absence de volonté réelle à établir des données probantes.

Même le New England Journal of Medecine est retombé dans ses pires travers en publiant des études (concluant à l'inefficacité de l'HQ) parfaitement malhonnêtes - je dis cela du fait qu'elles sont non seulement très mal faites, mais outrageusement tendancieuses.

Bref, au-delà de cette cacophonie qui perdure, nous pouvons heureusement malgré tout déjà dessiner quelques perspectives solides quant à ce que nous avons vécu.

D'abord, parce que des données cruciales se confirment (comme la prévalence et la létalité réelles du Covid). Elles rejoignent les analyses que j'ai faites dès le 12 mars, montrant que le coronavirus bien sûr n'est pas anodin (et certainement pas une "gripette") mais avec un paradoxe étonnant : moins grave et dangereux qu'une grippe pour l'immense majorité des gens - et hélas beaucoup plus pour certaines catégories à risque. Je l'ai à nouveau exprimé en réponse à l'article de Heidi news, c'est l'incapacité à penser ce paradoxe qui aura fait tant de dégâts dans les décisions des autorités et le travail de la presse.

Celle-ci commence à rétro-pédaler méchamment : ce discours complémentaire que je n'ai cessé de réclamer depuis deux mois commence à être relayé par des organes qui étaient jusque là dans la loyauté servile à une version unique (et passablement erronée) de l'épidémie.

Si donc bien des questions restent ouvertes, la crise sanitaire peut déjà être analysée. C'est l’exercice auquel je me livre dans mon livre "Covid : anatomie d'une crise sanitaire, l'analyse qui démystifie le discours officiel" (qui vient d'être publié en e-book, disponible sur les plateformes de librairie en ligne) dont je suis heureux de partager ici les deux premiers chapitres -ainsi que la table des matières.

Introduction : la théorie des catastrophes

14 avril 2020

Les travaux d’une équipe de l’université Stanford, en Californie, composée de scientifiques de haut vol, les meilleurs spécialistes dans leur domaine tels que Eran Bendavid, Ribhav Gupta, John Ioannidis et Jay Bhattacharya, livrent le verdict que tout le monde attendait au sujet des taux de contagion et de létalité réelles du Covid-19[1].

Leur recherche, menée sur la population de Santa Clara en Californie, confirme (comme je l’avais annoncé un mois auparavant) que le nombre de cas dépistés est inférieur dans un ratio allant de 1/50 à 1/85 au nombre de cas réels.

Le taux de létalité réelle s’établissant au plus à 0,2 % et sans doute encore moins. Soit au minimum 15 fois moins que le taux avancé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui est mue par le principe de précaution poussé à son extrême.

Ce qui donne des valeurs de l’ordre de celles du virus de la grippe, l’influenza. La pandémie de Covid est donc comparable en contagion et en létalité à ce que nous connaissons hiver après hiver !

D’aucuns se sont bien sûr attaqués à cette étude et nous les avons regardé faire avec un sourcil en forme de point d’interrogation. Contester Ioannidis sur les données épidémiologiques, c’est un peu défier Federer à Wimbledon en clamant qu’il n’a rien compris au tennis. Non dénué de panache, mais difficile à considérer autrement que comme parfaitement suicidaire si vous n’appartenez pas au top 10 (et même là…).

Comme toujours en science, on ne pouvait exclure que cette équipe de fines lames se soit fourvoyée, mais cela restait peu probable. Malgré de nombreuses contestations -certaines virulentes- John Ioannidis répétera début mai que ses conclusions restaient robustes. Elles se virent en effet confirmer par un aperçu des études existantes sur la PCR et les anticorps (faisant la synthèse de 53 résultats nationaux ou régionaux) montrant que la valeur médiane de la létalité de Covid19 (IFR) était bien d'environ 0,2 % et se situait donc dans la fourchette d'une grippe forte. Les virologistes allemands Hendrik Streeck et Gunther Hartmann, dans une étude pionnière sur les anticorps, trouvèrent également une létalité Covid19 de 0,36%, en expliquant qu'il s'agissait d'une limite supérieure et que la létalité est probablement comprise entre 0,24 et 0,26%, voire en dessous[2].

À la lumière de ces chiffres, solidement établis, on peut certes comprendre et apprécier que les complications éventuelles du Covid (elles aussi plus rares dans la même proportion) aient soutenu un vent de panique. D’autant qu’elles sont spectaculaires. Mais comment comprendre que les autorités politiques et sanitaires aient entretenu ce vent de panique en s’appuyant sur des données qui étaient des dénis de réalité épidémiologiques ?

Je veux bien être un génie ou un insolent chanceux… la réalité est moins riante : n’importe quel expert en santé publique doué d’un minimum de bon sens ainsi que de compétence en épidémiologie aurait pu et dû arriver aux mêmes conclusions que moi. Certains l’ont fait, à peu près aucun n’a été entendu.

Premier problème : nous avons navigué à vue, avec des gouvernements flippés (littéralement) par des projections délirantes. Comme un bateau sans quille ou un avion sans ailes.

Second problème : la conclusion de cette triste histoire est que les pertes (humaines) et dommages (matériels) que nous avons subis sont dus pour l’essentiel aux mauvaises réponses sanitaires qui ont aggravé un problème sanitaire d’ampleur parfaitement maîtrisable. Transformant la propagation d’un virus aux caractéristiques (en termes de contagiosité, de dangerosité et de létalité) légèrement supérieures à celles de la grippe hivernale en désastre sanitaire.

Quelles auraient été les « meilleures pratiques » à adopter ?

La réponse à cette question est simple, et c’est peut-être ce qui l’a rendue inatteignable. Je m’explique : un des nombreux adages qui m’ont aidé dans mon métier d’anthropologue comme dans la vie est : « Si c’était compliqué, tout le monde y arriverait. » Au lieu d’appliquer (comme les Allemands) les bonnes pratiques connues de tous, sans trop nous poser de questions, nous nous sommes enferrés dans des logiques de guerre civile intellectuelle et de complications ad nauseam. Occupation (sans doute) délicieuse pour tromper l’ennui dans un salon en ville, mais fatale quand il s’agit d’agir vite et bien pour sauver sa peau et celle des autres.

Une séquence simple, logique et salvatrice aurait pu ressembler à cela face à une pandémie virale de cet ordre de gravité :
  • Recommandations de prévention et de soutien du système immunitaire. Spécialement ici, compléments alimentaires de zinc[3], magnésium[4], vitamines C[5] et D3[6], qui sont en carence chronique à large échelle dans la population et dont la mise à niveau semble avoir un possible impact protecteur contre l’infection au Sars-CoV-2[7]. Le mutisme complet sur les actions possibles pour retenir ou soutenir son immunité a été aussi assourdissant que les polémiques, elles parfaitement stériles. Rappelons au passage que l’exercice physique, une alimentation de qualité ou même certaines pratiques de respiration[8] ont montré une action favorable sur le système immunitaire.
  • Production et utilisation massive de tests de dépistage, comme les exemples allemand et coréen (à l’échelle d’un pays) et marseillais (à l’échelle d’une ville) ont montré qu’elle était possible. En France, les autorités ont même empêché la mise sur le marché de tests prêts et efficaces pour des raisons administratives[9] !
  • Traçage sans contrainte (impérativement !) des contacts établis par les personnes infectées avec d’autres, les jours précédant le développement des symptômes et signalement adressé à ceux-ci.
  • Mise en quarantaine stricte des personnes infectées avec suivi médical à distance par le médecin traitant, en lien avec les structures hospitalières locales.
  • Prescription d’azithromycine (combinée ou non à de l’hydroxychloroquine) dans les situations à risque, ou se détériorant, ou encore nécessitant une réduction impérative de la durée de contagiosité, des critères concernant probablement 20 à 30 % des cas[10].
  • Liberté de prescrire pour tous les médecins installés en pratique privée et garantie par l’État de la disponibilité des médicaments de base, en réquisitionnant au besoin les capacités de production de l’industrie pharmaceutique.
  • Confinement ciblé des personnes à risque. Sachant notamment que l’âge seul n’est pas un facteur de risque*! Le seuil effectif à partir duquel le risque augmente se situe aux alentours de 80 ans… Avec une vérification systématique pour tous les confinés de la balance coûts/bénéfices pour eux et leur entourage, tenant compte de leurs préférences, de l’impact sur leur qualité de vie et leur santé affective relationnelle et psychique. Enfin, prescription pour les personnes à risque, pour qui cela peut se révéler indiqué, d’hydroxychloroquine et de zinc, éventuellement complété d’azithromycine en cas de symptôme infectieux.
  • Port obligatoire du masque et des gants pour le personnel soignant ainsi que les personnes exposées du fait de leur profession. Encore fallait-il en avoir -et le débat n’est pas clos quant à l’utilité réelle des masques face au coronavirus, contestée par nombre de virologues.
  • Mesures de protection (lavage de mains) et de distanciation sociale pendant tout le temps, bref, du pic épidémique.
  • Développement ad hoc de la capacité hospitalière en soins intensifs. L’évolution de notre compréhension du virus aura hélas été trop lente pour adapter au mieux les protocoles de soins intensifs pour les personnes en situation critique. Il se pourrait, au moment où j’écris ces lignes, que l’intubation sous coma artificiel (logique d’un point de vue clinique en réponse à un état de détresse respiratoire aiguë) n’ait pas constitué la meilleure des réponses. Il est possible que le problème soit avant tout hématologique[11] (baisse de la capacité des globules rouges à fixer et transporter l’oxygène dans le sang) et non pas pneumologique, ou que l’intubation elle-même soit in fine plus défavorable que favorable[12].
  • Partage d’expériences et de recherches de solutions accélérées (moins lourdes que les essais cliniques classiques), entre services hospitaliers et praticiens. L’hôpital de Vannes, par exemple, a selon le média professionnel Hospimedia « mis en place une technique d’oxygénothérapie à haut débit, qui a permis d’éviter à certains patients atteints d’être pris en charge en unité de soins continus (USC) ou en réanimation. L’intérêt est double : outre que cela maintient libres des lits de réanimation, les soins sont nettement moins pesants pour le patient. Enfin, les personnels, qui ont eu à dépister plus de 50 % des cas confirmés en Bretagne et la quasi-totalité de ceux du Morbihan, ont bénéficié d’un appui “soutenu” de l’équipe opérationnelle d’hygiène pour la mise en œuvre des mesures barrières ». Dans l’Isère, une équipe de généralistes a annoncé avoir empiriquement observé des résultats probants avec une prescription d’antibiotiques (par exemple azithromycine sans hydroxychloroquine) et/ou de macrolides**[13]. La découverte en cours de route d’un taux élevé d’infections bactériennes impliqué dans la mortalité due au Covid[14] et l’importance de les diagnostiquer adéquatement semblent confirmer l’intérêt d’une telle approche.
  • Mise sur pied de comités multidisciplinaires d’experts compétents et libres de tous conflits d’intérêts, orientés vers les solutions, pour proposer des mesures utiles et rapidement applicables, de soutien à la santé physique, affective, relationnelle, psychique et sociale.
  • Et bien sûr, une communication d’État honnête, responsable et proactive, transmettant une information transparente et de qualité.
Rien de tout cela (hormis le lavage de mains et la distanciation physique) n’a été mis en place par nos dirigeants. Ceux-là mêmes qui essaient encore de nous faire croire qu’ils ont agi avec justesse et affirment que s’ils avaient pris d’autres décisions, les choses auraient été bien pires. Pires ?

La théorie des catastrophes tient qu’une catastrophe peut advenir selon deux cas de figure : le premier est celui d’un événement imprévu massif, dévastateur, qui déferle soudainement et détruit tout sous son passage. L’autre résulte à l’inverse d’une accumulation d’incidents ou d’erreurs de faible ampleur, mais qui dans une dynamique cumulative en viennent à obtenir des effets délétères sans commune mesure avec aucun des éléments pris isolément[15].

On aura vite compris que le « système de défense » des autorités reposait sur quelques concepts simples mais passablement contestables.

En premier, qu’il aurait été impossible d’anticiper un événement comme celui-ci, alors que les coups de semonce de départs de feu épidémiques se sont succédé et que les plans stratégiques pour y faire face avaient été réalisés.

Ensuite, que les données manquaient pour prendre les meilleures décisions. Ceci alors qu’on a (c’est un des gros maillons de la chaîne de la catastrophe) préféré prêter l’oreille à ce que proclamaient des modélisateurs fous plutôt que d’écouter les gens sérieux, infectiologues cliniciens, virologues et épidémiologistes compétents, qui ne manquent pas dans leur domaine.

Enfin, que l’on est toujours plus intelligent après et que les critiques étaient à éviter pour ne pas tomber dans la désignation de coupables – voire la recherche de boucs émissaires.

Ces arguments contiennent en effet des vérités de première importance. Notamment dans le rappel que tous les éléments de réalité (et a fortiori les grands) contiennent une part irréductible d’incertitude. La difficulté à penser et faire avec l’incertitude étant un révélateur de combien nous sommes encore éloignés de l’aptitude à la pensée complexe – nous y reviendrons.

À défaut, il reste psychologiquement tentant de nous rabattre sur des conclusions simplificatrices, de manière presque irrésistible. La recherche de coupables pouvant s’inscrire dans ces processus psychiques collectifs en déplaçant et en condensant fantasmatiquement le malheur et sa cause sur une ou plusieurs personnes – selon les deux principaux processus du psychisme décrits il y a fort fort longtemps par Freud.

Mais ces saines objections, ces garde-fous, se sont trouvées ici à nouveau noyées dans des contre-vérités indéfendables.

Tout au long de cette histoire il y aura certes eu des choses que nous ignorions, mais aussi et surtout des choses que nous aurions dû savoir.

Pour résumer les choses en une formule simple, nous avons connu le SARS-CoV-2 très vite et très tôt, et découvert à tâtons au long des mois le Covid. L’incertitude à l’égard du nouveau coronavirus a été levée grâce au séquençage rapide de son génome. La maladie qu’il était susceptible de provoquer, sa définition, ses modalités d’action (ce que nous appelons techniquement sa pathologie et sa nosologie) ont mis du temps à être comprises. Avec ce paradoxe que d’un côté nous étions en territoire connu (les coronavirus sont une famille bien étudiée et, comme nous l’avons vu, la dynamique épidémique ressemblant in fine à celles de nombreux autres virus) et pourtant nous sommes allés de surprise en surprise.

Avec pour les principales une contagiosité et une vitesse de diffusion de loin supérieure à ce à quoi nous nous étions attendu. Des paramètres fondamentaux qui ont dû être radicalement revus (comme le fameux « RO », le nombre de personnes infectées par personnes porteuses du virus, et que l’équipe de la Pr Gupta à Oxford a établi à 5,6 avant qu'on l'établisse plus probablement aux alentours de 2,0-2,6 avec d'importantes fluctuations temporelles ; ou la durée de contagiosité d’une personne infectée allant de 20 à 40 jours au lieu des 5 à 7[16] ; la distance de contamination interpersonnelle revue pour s’établir à 4 mètres au lieu de 2[17], et même, nous l’avons vu précédemment, un processus morbide et potentiellement fatal dans les cas graves qui pourrait être très différent de ce qui était prévu.

Toutes réalités pour lesquelles il serait en effet injuste et irrecevable de blâmer qui que ce soit – à moins d’être prophète ou devin – de ne pas les avoir sues puisque tout le monde les ignorait.

Il en va autrement, évidemment, des choses que nous savions déjà, comme – pour ne citer qu’un exemple – l’importance de disposer de stocks de masques en cas d’épidémie vitale transmise par voie respiratoire.

Nous pouvions et devions être prêts face à une telle éventualité. Au lieu de cela, nous nous sommes retrouvés dans un état d’impréparation intellectuelle, scientifique, politique et logistique.

1. l’apocalypse microbiologique

Fin février 2020. Des nouvelles, spectaculaires et terribles, nous viennent depuis peu de Chine, abondamment relayées par les médias. Comme tant de fois au cours des deux décennies écoulées, la possibilité que nous fassions finalement face à l’apocalypse microbiologique tant redoutée bruisse et se suggère, images à l’appui.

J’ai souvenir, enfant, d’avoir été marqué par une histoire que ma grand-mère répétait un peu obsessionnellement pour mettre en garde le marmot que j’étais, contre le risque des faux appels à l’aide. Le pitch était simple et efficace, assurément pédagogique : un tout jeune berger paissait quelques brebis sur les hauteurs d’un village. Animé par l’ennui ainsi que par un fonds irrépressible de facétie, il s’amusa à appeler au secours les gens du village en criant : « Au loup ! au loup ! » Ma grand-mère racontait ensuite comment les gens du village prirent pelles, fourches et pioches pour venir au secours du petit berger. Qui éclata de rire à les voir rabouler tout empressés. Il se fit houspiller puis sermonner, et les villageois rentrèrent partagés entre le mécontentement d’avoir été dérangés et le soulagement d’avoir découvert l’absence de tout danger. Hélas ! Le petit berger recommença à s’ennuyer. Il se souvint que ça l’avait bien amusé de voir tout le village débouler, en alerte, hérissé d'armes de fortune. Bientôt, il n’y tint plus et se remit à appeler : « Au loup ! au loup ! » Les lecteurs de ma génération se souviendront de la triste chute. Les villageois se lancèrent à son secours pour découvrir qu’ils avaient été à nouveau abusés par le mauvais plaisantin et retournèrent au village cette fois franchement fâchés. Lorsqu’ils entendirent de nouveaux appels au secours du petit berger, ils s’étaient déjà juré de ne pas se faire avoir une fois de plus. C’est ainsi, me disait ma grand-mère en haussant sourcils et menton, le ton solennel, que périt le petit berger et que furent dévorées ses brebis.

Des faux départs de feu épidémique, nous en avons connu, et de nombreux. Il y a trois raisons à cela. Tout d’abord, la promiscuité avec des animaux sauvages capturés et encagés sur des marchés en Asie a favorisé des sauts inter-espèces de virus devenant soudain potentiellement dangereux pour l’Homme, naturellement dépourvu d’anticorps face à ces nouveaux virus.

Ensuite, la peur du « Big One ». Tout comme les sismologues attendent pour certaines zones, comme la Californie, que se produise tôt ou tard (dans un an ou un siècle) un tremblement de terre dévastateur, les épidémiologistes et les agences de santé internationales redoutent l’épidémie virale qui fauchera des humains par millions. Et c’est vrai qu’il y a eu, au cours du xxe siècle, quelques épisodes épidémiques carabinés et significativement plus létaux que d’habitude, dont la fameuse épidémie de grippe dite espagnole au sortir de la Première Guerre mondiale ou la grippe de Hong Kong en 1968 qui a tout de même fait un million de morts à travers le monde. Le virus de l’influenza, qui nous paraît familier, mute et revient avec insistance chaque année et une vingtaine d’agents infectieux participent aux fameuses infections respiratoires qui, chaque hiver, font grimper la courbe de la mortalité en quelques mois – un phénomène très étudié, et auquel on a donné le nom de « surmortalité saisonnière hivernale ».

Ces épisodes banals provoquent bon an mal an, plusieurs milliers de morts en France, 10 000 à 15 000 décès selon les chiffres de l’Institut Pasteur, majoritairement des personnes en fin de vie ou souffrant d’une maladie chronique[18]. Mais, avec aussi, hélas, des nourrissons, des enfants et des adolescents parmi les victimes. Par précaution, les agences internationales comme l’OMS ont donc mis sur pied des dispositifs de veille sanitaire afin de surveiller tout « départ de feu », et éviter ainsi tout risque de voir apparaître une flambée épidémique réellement dévastatrice.

Les villages de montagne, au temps du petit berger de triste mémoire, risquaient de connaître des incendies potentiellement destructeurs, les chalets et granges en bois étant accolés les uns aux autres. La proximité du fumier en fermentation et de la paille était en particulier susceptible de provoquer un départ de feu d’autant plus redoutable que discret. Les familles assuraient donc des veilles à tour de rôle, faisant des rondes plusieurs fois par nuit.

Les dispositifs de veille sanitaire sonnent quant à eux frénétiquement la cloche du village mondial à chaque possible départ de feu épidémique.

Je ne suis pas médecin, ni épidémiologiste. Mon domaine d’expertise, l’anthropologie médicale (appelée aussi l’anthropologie de la santé) consiste à analyser de manière scientifique les pratiques de soins et les dispositifs de santé publique. Depuis que j’œuvre en tant qu’anthropologue médical – trente ans maintenant –, je me suis progressivement doté, comme nombre de mes confrères d’un flegme à toute épreuve, tant nous avons été témoins d’appels au loup et autres faux départs de feu. À chaque alerte, nous cherchons donc à évaluer vite et bien la situation. Nos armes : notre aptitude à analyser des données qui sont souvent fragmentaires au départ, à les confronter aux connaissances au fur et à mesure que nous les acquérons, et à faire un peu de de prospective scientifique, avec la part de subjectivité et de spéculation, mais aussi parfois de sagacité intuitive, que cela implique.

Un sentiment désagréable de déjà-vu…

Donc, en Chine : nouveau départ de feu. Un double franchissement de barrières inter-espèces par un coronavirus apparemment endémique des pangolins donne naissance à une épidémie aux contours incertains. Pouvant par hypothèse déboucher sur le Big One (avec une très faible probabilité) ou sur une énième épidémie banale et normale, avec un nouveau coronavirus prenant rapidement une place discrète au sein de la vingtaine d’agents infectieux à l’origine des infections respiratoires hivernales.

Avec les moyens de ma discipline, j’étudie la production scientifique sur le sujet, j’écoute les discours énoncés ou répercutés par la presse généraliste, je me documente et j’observe la panique qui (déjà) commence à s’exprimer.

Tout ceci a un goût, pas très plaisant, de déjà-vu.

Je m’occupe depuis plusieurs décennies d’affections dévastatrices, non transmissibles, qui causent des ravages inimaginables dans la population de nos pays. Ces maladies que l’on appelle « de société » trouvent leurs causes et leur origine dans le mode de vie passablement pathogène qui est le nôtre. Nous avons en quelque sorte vaincu des fléaux immémoriaux pour nous en créer de nouveaux, des maux de surabondance ou de manque, qui seraient largement évitables si nos responsables politiques prenaient réellement soin de la population.

Beaucoup l’ignorent, mais les meilleures études scientifiques suggèrent que jusqu’à 70 % des maladies vasculaires[19] (principale cause de décès avec le cancer), 60 % des diabètes de type 2 (le fameux diabète sucré) et autres syndromes métaboliques[20], et 50 % des cancers comme des maladies auto-immunes, neurodégénératives ou même psychiatriques, pourraient être évitées si nous nous occupions sérieusement de réduire ou éliminer les principaux facteurs de risque[21].

En voyant arriver cette nouvelle épidémie à nouveau surévaluée selon l’analyse que je fais des données dont nous disposons alors, je me fends donc le 2 mars d’un billet d’humeur que je choisis d’intituler de façon assez provocatrice « Les vertus du coronavirus ». Le voici en partie reproduit ici :

« Ce bidule [un virus est une créature bizarre, à la limite du vivant !] aura réussi la prouesse de faire bouger les gouvernements – dont le nôtre – à la vitesse grand V, là où leur empressement à protéger la santé de la population de ce qui la menace est habituellement lymphatique. Notre ministre de la Santé helvétique [rappelez-vous que je suis suisse], le conseiller fédéral Alain Berset, a ainsi doctement déclaré qu’il se devait “de dire la vérité, quitte à être impopulaire”… Je commente mi-ironique, mi-amer, que nous aurions aimé l’entendre rappeler que 80 % des maladies (en matière de morbidité comme de mortalité) dont souffre la population sont une conséquence directe du laxisme de notre législation. La laissant exposée à cinq facteurs de risque majeurs : l’alimentation toxique, la pollution atmosphérique, les polluants chimiques, la sédentarité et le stress. »

Et je raconte ce que nous savons tous mais que nos dirigeants feignent d’ignorer : ces multinationales de l’agroalimentaire qui écoulent leur malbouffe, provoquant ou favorisant le diabète sucré, les cancers, les maladies cardiovasculaires, auto-immunes ou neurodégénératives, dont les morts se chiffrent en dizaines de milliers, ces groupes de pétrochimie ou de transports qui déversent à longueur d’année des substances hautement toxiques, ces géants industriels de la semence ou du pesticide qui ont réussi à nous faire croire qu’une production agricole fondée sur des polluants dangereux était incontournable, à tel point que même le plus consciencieux des consommateurs de produits bio est pollué (les femmes enceintes seraient, selon l’alerte lancée par la Fédération internationale de gynécologie et d’obstétrique, contaminées en moyenne par au moins 43 substances chimiques toxiques, ce qui implique que « les bébés naissent en quelque sorte prépollués[22] »). Ou encore que la troisième cause de mortalité dans nos sociétés est la mauvaise médecine (médicaments dangereux, faux diagnostics, traitements inappropriés) et que la moitié des médicaments sur le marché ne passeraient pas les tests de validation actuels, n’ayant que peu ou pas d’effet thérapeutique mais des effets secondaires nocifs… Je n’oublie pas de rappeler au passage que nombre de « grandes industries toxiques ont infiltré les instances de contrôle étatique, manipulent la science, et font du profit au prix de millions de morts évitables en Europe ». Je souligne enfin « l’ignorance sommitale » des parlementaires de tous les pays – de gauche et surtout de droite – ou du moins leur « vigoureux déni » et je conclus :

« Alors oui, cloîtrons-nous à cause d’un banal virus !

À toute chose malheur est bon. Ce coronavirus est au moins bon pour la protection de l’environnement, pour la décroissance, pour le reflux des manifestations mercantiles et pour le constat que prendre des mesures protectrices de la santé est supportable. Au passage, on découvre que l’on n’a pas forcément besoin d’une pléthore de salons et de festivals en continu ni d’interminables bouchons le long des périphériques et des axes routiers. Que l’on peut faire autre chose le samedi que du shopping en ville – l’industrie textile est la seconde plus polluante au monde. Même les politiques renoncent à serrer les mains par les temps qui courent – c’est dire !

On aimerait que ces derniers soient conscients et prennent leurs décisions en fonction des réels facteurs de dommages sanitaires, et pas sur un épiphénomène infectieux. Et quant à trouver vertueuses ou rassurantes les gesticulations, il y a loin de la coupe aux lèvres ! »


A posteriori, je mesure les limites de ces critiques vu le manque d’anticipation quant à l’ampleur que prendra bientôt cette épidémie. Et pourtant, l’essentiel de ce que j’ai exprimé à cette occasion (qui était bien sûr une sorte de coup de gueule) sera resté vrai jusqu’à aujourd’hui. En particulier cette disproportion entre l’attention accordée à une épidémie aux caractéristiques habituelles et normales (au regard de son amplitude et sa dangerosité) et l’absence d’intérêt pour les vraies grandes tueuses silencieuses, mais certes beaucoup moins spectaculaires, que sont les maladies chroniques non transmissibles.

Dix jours plus tard, les choses se sont précisées. Les Chinois ont réagi avec la vigueur propre à une dictature, mais aussi à partir des compétences scientifiques remarquables qu’ils ont développées au cours de la décennie écoulée, leur permettant de nous égaler et même nous dépasser dans bien des domaines. Je parle évidemment de science et non pas de communication étatique.

Nous sommes le 12 mars 2020, et je continue à observer tout ceci de loin et de près en quelque sorte. Mon métier depuis trente ans consiste à étudier et à analyser les pratiques de soins, médicales ou non médicales.

L’anthropologie est une discipline vraiment singulière à tous égards. Non pas seulement parce qu’elle peine à nourrir son homme, mais parce qu’elle conduit à explorer des territoires lointains au sens propre comme au figuré et surtout parce qu’elle cherche à comprendre l’espèce humaine, ses fonctionnements, ses comportements, ses croyances… Elle constitue une tentative pour réfléchir d’une manière universitaire, scientifique à cette réalité incompréhensible dont nous faisons tous l’expérience individuelle et collective en tant qu’êtres humains. Dans un corps et un psychisme donnés, avec une personnalité et dans un environnement que nous n’avons pas choisis au départ, appartenant à une espèce déroutante que l’on sait capable du meilleur comme du pire.

Ma spécialité, l’anthropologie de la santé, s’intéresse, elle, aux manières de se représenter la santé et la maladie à travers l’espace et le temps. Toutes les sociétés ont leurs narrations, partiellement pertinentes et partiellement délirantes, sur la nature de notre anatomie personnelle et collective, biologique, psychique et sociale. Ces discours sociaux, issus des systèmes de croyances propres à chaque groupe humain, cherchent aussi à expliquer quels sont les facteurs, visibles ou invisibles, qui risquent de nous faire perdre la santé et tomber malades. Les cultures humaines sont d’une créativité débridée : certains discours sociaux ressemblent à des statistiques de l’administration fiscale, alors que d’autres font plutôt penser ici à Dante, là à Harry Potter ou Homère. Quels qu’en soient la tonalité narrative et le contenu, chaque peuple ayant vécu à la surface de la Terre a produit des narrations explicatives.

Notre maître à nous autres anthropologues de la santé, le Pr François Laplantine, auteur d’une magnifique Anthropologie de la maladie[23], a montré, pour résumer son propos à l’essentiel, que tous les groupes humains envisagent structuralement la santé comme un équilibre dynamique (homéostasie) et la maladie comme la perte de cet équilibre. Cette perte pouvant se produire soit par excès (« quelque chose qui ne devrait pas être là est présent en moi et perturbe mon équilibre ») soit par défaut (« quelque chose de nécessaire à ma santé est en insuffisance ou absent »). Cet axe courant du manque à l’excès se retrouve partout, sous la diversité de croyances propres à chaque culture.

Dans des sociétés simples par exemple (ces petits groupes tribaux constitués d’une centaine de membres, vivant en communauté et se réclamant d’un ancêtre commun qui forment le mode d’organisation originel de notre espèce), le facteur en excès pourra être une entité possédante, l’action occulte déclenchée par la transgression, même involontaire, d’un tabou ou celle produite par un sorcier malfaisant. Chez nous, ce sera un agent infectieux (virus ou bactérie), un poison ou encore l’excès d’activité immunitaire (allergie) ou l’hypertension artérielle. Autant de phénomènes qu’il s’agit soit de faire disparaître, soit de réguler par une intervention, magique ou médicale.

Dans le mode « par défaut », nous pourrons trouver dans les sociétés simples, ce grand classique ethnologique qu’est la perte de l’âme. Ce phénomène se produit lorsqu’une personne, confrontée à une situation difficile, se défait sans le savoir d’une partie de son âme qui souffre trop. Par exemple, un enfant abusé pourra confier à la Terre sa naïveté et son insouciance, des qualités qui aident peu face au danger ou à la violence. La conséquence est qu’il se trouvera en quelque sorte mutilé d’une partie de lui-même. Il se peut aussi qu’une entité malfaisante ait, le cas échéant, dérobé un morceau d’âme. Ou encore qu’une passion dévorante, des torts moraux ou une négligence dévotionnelle entraînent une perte de vitalité et de protection débouchant in fine sur la maladie. Chez nous, nous pourrons trouver dans ce registre les carences en vitamines, minéraux ou oligo-éléments, la déstructuration du microbiote (c’est-à-dire le manque de souches de bactéries amies dans notre intestin) et toutes sortes de déficiences, qu’elles soient immunitaires, digestives, psychiatriques ou génétiques. L’intervention thérapeutique consistera donc, soit à récupérer la partie manquante, soit à restaurer un état d’équilibre en remédiant à la déficience ou en palliant le manque.

C’est bien l’une des saisissantes beautés de notre espèce : malgré toutes les différences de situations entre celle d’un médecin spécialiste exerçant son art dans un cadre hospitalier et celle d’un homme-médecine au fin fond de la brousse ou de la forêt primordiale, perdurent, indifférents et incontournables, les universels qui constituent notre « humanité ».

L’un et l’autre praticien de santé ont une place clairement définie au sein de leur société. Ils y sont reconnus comme investis de savoir et disposant de pouvoirs sortant de l’ordinaire dont fait partie celui de pouvoir dicter, au moins partiellement, leur conduite aux autres. Ils peuvent aussi se retrouver tantôt encensés, tantôt vilipendés selon les résultats qu’ils obtiennent ou non.

Cela fait longtemps que la plupart des anthropologues de la santé n’étudient plus ou plus beaucoup les pratiques et croyances de sociétés premières. La majorité d’entre nous travaillons dans les hôpitaux, au sein des agences de santé – qu’elles soient internationales, nationales ou régionales – ou encore dans des dispositifs visant à améliorer la qualité des services destinés à la population générale ou à des populations ayant des besoins spécifiques.

Il est aussi de notre ressort d’étudier les questions de santé publique, en analysant des phénomènes connus ou que l’on découvre. Ma propre spécialisation en épidémiologie s’est dirigée au cours du temps vers les maladies non transmissibles, en particulier dans le domaine de la santé mentale, ce qui ne m’empêche pas de maîtriser l’épidémiologie infectieuse. La seule différence pour moi est que sur la première, je n’hésite pas à avancer mes propres analyses, construites à partir de mes connaissances, de mon expérience et de mes compétences professionnelles, puisqu’il s’agit de mon domaine de spécialisation. En revanche, si le sujet relève de la seconde, j’applique la seule méthode qui me paraisse valable : considérer soigneusement tous les points de vue et hypothèses, mais toujours se référer – tôt ou tard, cela peut dépendre – aux meilleures sources. En veillant à être d’autant plus attentif si ce que je lis ou j’entends s’écarte des connaissances établies ou contredit mes propres convictions.

Essayer de comprendre puis prendre le temps de penser à autre chose, de méditer en quelque sorte, c’est ainsi que notre cerveau, sans que nous en soyons conscients, met en lien les informations que nous avons rencontrées sur les questions qui restent en suspens. Laisser mijoter donc avec confiance. Et surtout garder en permanence à l’esprit qu’il se peut que les certitudes les plus convaincantes finissent par se révéler complètement fausses.

Edgar Morin a souvent souligné que le propre d’une théorie scientifique est d’être réfutable. Un chercheur qui voudrait avoir raison envers et contre tout serait mûr pour le fanatisme, mais pas pour la science ! Au contraire, c’est aussi – et beaucoup – en nous trompant ou en formulant des hypothèses qui sont ensuite invalidées par l’expérience, que nous autres scientifiques apprenons et progressons.

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Note de lecture sur le blog de la revue Alternatif-bien-être.


BIBLIOGRAPHIE

* L’organisation suisse de défense des intérêts des aînés, Pro Senectute, publia ainsi le 19 avril un appel demandant que « les personnes au-dessus de 65 ans ne soient plus automatiquement considérées comme à risque. » Cela qui serait selon elle injustifiable. : « Tous les seniors n'appartiennent pas aux groupes à risque. Si l'on s'en tient rigidement au critère de l'âge, on risque une exclusion injustifiable de la vie publique d'une partie des personnes âgées. »

** Les macrolides sont une classe d’antibiotiques dont fait partie l’azithromycine.

[1] Bendavid E., Bhattacharya J., et al., « COVID-19 Antibody Seroprevalence in Santa Clara County, California », 17 avril 2020 : https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.04.14.20062463v1

[2] https://www.ukbonn.de/C12582D3002FD21D/vwLookupDownloads/Streeck_et_al_Infection_fatality_rate_of_SARS_CoV_2_infection2.pdf/$FILE/Streeck_et_al_Infection_fatality_rate_of_SARS_CoV_2_infection2.pdf

[3] Gasmi A., Bjorklund G., et al., « Individual risk management strategy and potential therapeutic options for the COVID-19 pandemic », Clinical Immunology, avril 2020.

[4] « Magnesium », National institutes of health : https://ods.od.nih.gov/factsheets/Magnesium-HealthProfessional/

[5] Carr A. C., « A new clinical trial to test high-dose vitamin C in patients with COVID-19 », Critical care, vol. 24, 2020.

[6] « Vitamin D deficiency in Ireland – implications for COVID-19. Results from The Irish Longitudinal Study on Ageing (TILDA) » : https://tilda.tcd.ie/publications/reports/pdf/Report_Covid19VitaminD.pdf ; Grant W. B., Bhattoa H. P., et al., « Evidence that Vitamin D Supplementation Could Reduce Risk of Influenza and COVID-19 Infections and Deaths », Nutrients, vol. 12, avril 2020.

[7] Singh M., et Das R. R., « Zinc for the common cold », Cochrane Database of Systematic Reviews, vol. 6, 2013.

[8] Kox M., Pickkers P., et al., « Voluntary activation of the sympathetic nervous system and attenuation of the innate immune response in humans », PNAS, vol. 111, no 20, mai 2020, p. 7379-7384.

[9] Woessner G., « Comment la France se prive de 150 000 à 300 000 tests par semaine », Le point, 3 avril 2020.

[10] « Christian Perronne : “À Garches, nous avons de bons résultats avec l’hydroxychloroquine” », Nexus.fr, 15 avril 2020.

[11] Wenzhong L., et Hualan L., « COVID-19: Attacks the 1-Beta Chain of Hemoglobin and Captures the Porphyrin to Inhibit Human Heme Metabolism », 13 avril 2020 : https://s3-eu-west-1.amazonaws.com/itempdf74155353254prod/11938173/COVID-19__Attacks_the_1-Beta_Chain_of_Hemoglobin_and_Captures_the_Porphyrin_to_Inhibit_Human_Heme_Metabolism_v7.pdf

[12] Baxter H., « Coronavirus patients on ventilators are unusually likely to die, causing some doctors to change strategy », Independent, 9 avril 2020.

[13] Cathy LG, « COVID-19 : L'espoir par des traitements antibiotiques ? », blog Mediapart, 14 avril 2020.

[14] Schacht O., « COVID-19 Patients Need to Be Tested for Bacteria and Fungi, Not Just the Coronavirus », blog Scientific American, 16 avril 2020.

[15] Reason, James (1990-04-12). "The Contribution of Latent Human Failures to the Breakdown of Complex Systems". Philosophical Transactions of the Royal Society of London. Series B, Biological Sciences. 327 (1241): 475–484.

Reason, James (2000-03-18). "Human error: models and management". British Medical Journal. 320 (7237): 768–770.

[16] Ruidant L., « Le coronavirus pourrait circuler jusqu'à quatre mètres autour d'un malade », Le journal du médecin, 20 avril 2020.

[17] https://wwwnc.cdc.gov/eid/article/26/7/20-0885_article

[18] https://www.pasteur.fr/fr/centre-medical/fiches-maladies/grippe#transmission

[19] https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2494659/

[20] https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/28720102

[21] https://www.spectra-online.ch/en/spectra/topics/more-than-half-of-all-non-communicable-diseases-could-be-prevented-by-a-healthy-lifestyle--59-10.html

[22] Di Renzo G. C., Giudice L. C., et al., « International Federation of Gynecology and Obstetrics opinion on reproductive health impacts of exposure to toxic environmental chemicals », International Journal of Gynecology and Obstetrics, 2015 : https://www.figo.org/sites/default/files/uploads/News/Final%20PDF_8462.pdf

[23] Pr Laplantine F., Anthropologie de la maladie, Paris, Payot, 1998. 

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