05 novembre 2018

Les chèques de la honte !


Le prix des carburants explose, le pouvoir, dans sa fuite en avant mortifère et dans son incapacité à maîtriser les dépenses publiques, augmente encore et toujours la fiscalité.

Ce gouvernement, comme tous les autres, est en incapacité de déroger à la règle du toujours plus de pression fiscale.

Ce qui change ce sont les victimes et le montant de la rapine. On allège la pression (un peu sur les entreprises) pour la remettre (beaucoup) sur le peuple. On allège la création de richesse pour taxer la consommation.

Ce gouvernement l’a dit. Il l’a annoncé. Il n’y a aucune traîtrise.

En revanche, il y a toujours la même bêtise dans les raisonnements de notre classe politique.

Ainsi, Guillaume Peltier (LR) propose un « chèque-carburant » financé via « une taxe sur les sociétés d’autoroute »…

Mais qu’il est brillant le Guigui…

Il faut savoir que dans ce pays, il y a une règle intangible. J’en ai fait un théorème économico-fiscal. Il est breveté à l’INPI (je plaisante), vous avez donc le droit bien évidemment de le reproduire autant que cela vous amusera !!

Le théorème fiscal de Charles !

En France, il n’y a aucun problème qu’une nouvelle taxe ne puisse résoudre, et quand la taxe est trop lourde, il n’y a pas un nouveau chèque qui ne puisse donner l’illusion de l’allègement du fardeau de ladite taxe…

De là à dire que nous sommes dirigés par des abrutis finis, il n’y a qu’un pas que je vous propose tous de franchir allègrement, et dans l’allégresse généralisée !!

Ainsi, comme la grogne monte méchamment dans le pays, les petits, les manants que nous sommes, souffrant pas mal du vol en bande organisée que nous subissons depuis des décennies, commencent à s’organiser.

Les petits s’organisent sans les représentants syndicaux dont le rôle est juste de canaliser, dans des grandes séances d’extériorisation collective, la colère, mais pas de faire changer les choses.
Ainsi, les appels, partout, se multiplient pour le 17 novembre.

Dans mon petit coin de Normandie, les braves types et les braves dames, ceux qui bossent pour beaucoup chaque mois, mais préfèrent la dignité du travail à la honte l’assistanat, sont « voituro-dépendants ».

Je sais, vu de Paris, la voiture c’est dégueu, le truc c’est qu’à Paris, il y a le métro et une très forte densité de transports en commun. Ce n’est pas confort, mais c’est possible. En province, il n’y a rien.

Or, coup sur coup, le gouvernement, dans sa grande clairvoyance toute jupéte-rien-pour attendre, a :
  • limité la vitesse à 80km/h ;
  • balancé un nouveau contrôle technique ;
  • augmenté le prix du diesel après avoir expliqué aux mêmes manants que nous devions rouler en diesel… Sans oublier les sulfateuses à PV qui sillonnent nos routes, les radars automatiques et autres péages urbains qui viendraient compléter nos péages tout court !!!
Le gouvernement oublie que si en Angleterre il y a un péage urbain à Londres… il n’y a pas de péages sur les autoroutes anglaises !! Nous, nous avons tout ! C’est comme les crêpes, c’est des « complètes » !

Je ne parle pas de l’impôt à la source qui va nous débouler dessus, des hausses d’à peu près tout sauf celles des salaires…

Et là, disons-le, nous atteignons un double effet de seuil. Le premier c’est la patience. Là, c’est globalement terminé. Le second, c’est un problème de gamelle. La gamelle est atteinte. Et quand les gamelles se vident, là… les têtes de dirigeants ont une fâcheuse tendance à se faire raccourcir et les postérieurs, titillés par des fourches acérées.

Pour calmer la grogne, Pelletier veut un chèque carburant.

Je ne résiste pas, face à une telle insondable incompétence de nos mamamouchis, à vous reproduire ce billet qui date de 2011, soit plus de 7 ans, et dans lequel je disais déjà tout le bien que je pensais des chèques de la honte.

Rien n’a changé. Rien ne change. La France et son peuple sombrent… Funeste présage, et vous allez comprendre pourquoi, à la fin, cette idée de chèque est un signe très négatif.

Voici donc ce que j’écrivais en 2011. Déjà.

Les chèques de la honte

C’est la grande mode. À chaque problème de pouvoir d’achat la fausse bonne idée d’un chèque correspondant est mise en place.

M. et Mme Toutlemonde ne peuvent plus se nourrir décemment à midi et voilà le chèque restaurant. M. et Mme Toutlemonde ne peuvent plus partir en vacances et payer les péages et voici le chèque vacances. D’ailleurs, les péages d’autoroute sont une gabelle moderne versée à des sociétés privatisées ayant racheté une misère une infrastructure financée par les impôts de l’ensemble du peuple français pendant des décennies. Cette gabelle profite aux actionnaires, ce qui est normal. Il serait scandaleux bien sûr que la collectivité profite des sommes versées à chaque passage. Un actionnaire étant un être supérieur, il est normal de lui verser la dîme. Sachez-le manants !

Puis, le chèque de rentrée, car M. et Mme Toutlemonde ne peuvent plus payer les fournitures scolaires pour leurs enfants ni les habiller convenablement. Pour M. et Mme Classesupérieures il y a le chèque emploi-service pour payer femme de ménage, nounou ou jardinier. Il ne faut pas oublier que M. et Mme Classesupérieures deviennent de moins en moins supérieurs. Seuls les mégas riches continuent à s’empiffrer.

Lorsque le prix de l’essence augmente, on évoque la possibilité d’un chèque essence. Pour le fioul domestique qui sert à se chauffer, il y a bien désormais le chèque chauffage. Certains esprits chagrins, dont je fais décidément partie, font bien remarquer que plus de 80 % du prix d’un litre de carburant sont des taxes, mais chut… faisons un chèque.

Il ne faut pas oublier le chèque lire, pour acheter des livres, les chèques cadeaux que les entreprises utilisent à merveille en lieu et place d’une commission. Mon petit salarié, tu as très bien travaillé. Voici 50 € en chèques cadeaux. « Dis merci patron ! ». J’en ai reçu quelques-uns de ces chèques « cadeaux ». Ils sont insupportables. Ils ne se mettent pas de côté (il y a une date de validité) et je ne dois vraiment pas avoir de chance, car à chaque fois, ce que je veux acheter est toujours plus cher que le chèque dont je dispose. Donc je dépense plus et m’appauvris en réalité à chaque fois que j’en reçois un… Merci patron quoi ! Je vous passerai les détails qui consistent en différentes marques de chèques cadeaux qui sont valables chacun dans un type de magasins différents.

Comme l’École est l’éducation doivent devenir une marchandise comme les autres, des députés géniaux proposent un chèque éducation (M. et Mme Classesupérieures rajouteront certainement un peu de leur poche pour que leurs enfants accèdent aux meilleures écoles tandis que M. et Mme Toutlemonde qui ont un fils iront dans les écoles les moins chères et les moins bonnes, mais chut..).

Ces chèques que l’on reçoit, que l’on prend et qu’on utilise sont des chèques de la honte. Ils masquent le véritable problème.

Quel système économique souhaitons-nous ? Quel partage, quel contrat social ?

L’enjeu du pouvoir d’achat sera au centre de la campagne présidentielle de 2012. Il est fort probable qu’un candidat « audacieux » finisse par nous proposer un chèque caddy pour faire nos courses toutes les semaines. Il ne faudra pas se méprendre. Ce chèque caddy sera un mélange de soupe populaire moderne et de ticket de rationnement qui ne diront pas leur nom. Nous aurons alors atteint le fond.

Il occultera encore une fois l’absence du seul chèque utile, valable et indispensable… le chèque du salaire de fin de mois. Un emploi et un salaire permettant à M. et Mme Toutlemonde de vivre de leur travail.

Mais il devient tellement rare qu’un Petit Prince moderne pourrait demander… « dis, dessine-moi un travail ».
Nous allons aller encore plus loin…

Comme vous le voyez le chèque caddy n’est pas encore là. Ce sera l’ultime étape. Là réside le funeste présage. Quand un abruti de mamamouchi, et peu importe son obédience sur l’échiquier, vous aurez l’indice que la fin est très proche. Ce système se terminera dans notre pays par une terrible flambée de violence tant les pulsions de morts, de haine, et d’affrontement dans notre nation sont palpables.

Le 17 novembre va être une journée très intéressante à suivre, car nous risquons de voir se lever massivement une France qui bosse, et qui n’en peut plus de porter sur ses épaules cette dépense publique qui croît inexorablement de 4 %.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

Les chèques de la honte, première version en 2011 ici!!
 
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