12 avril 2014

Wall Street bousculée par le plongeon du Nasdaq




La Bourse de New York a une nouvelle fois succombé vendredi à la déroute de son indice Nasdaq, plombé par une crise de confiance des investisseurs sur sa valorisation : il a décroché de 1,34 %, le Dow Jones chutant de 0,89 % dans son sillage.


Selon les résultats définitifs à la clôture, le Nasdaq a plongé de 54,37 points, et a clôturé sous le seuil des 4 000 points pour la première fois depuis le 3 février, à 3 999,73 points. Le Dow Jones a lâché 143,47 points, à 16 026,75 dollars, tombant à son niveau le plus bas depuis le 12 février.

L'indice élargi Standard & Poor's 500 s'est affaissé de 0,95 %, soit 17,39 points, à 1 815,69 dollars, un niveau pas vu en clôture depuis le 10 février.

Malgré une brève incursion en territoire positif en cours de séance, le Nasdaq n'est pas parvenu à inverser la tendance et s'est laissé emporter vers une nouvelle chute. Il avait été emporté la veille par un raz de marée qui lui avait ôté 3,10 % de sa valeur.

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"C'est ce qui arrive quand les investisseurs se laissent emporter, comme ils l'ont fait avec le secteur des biotechnologies, des réseaux sociaux et certains sous-secteurs technologiques", a commenté Alain Skrainka, de Cornerstone Wealth Management.

Ces domaines ont connu depuis 2013 des "trajectoires paraboliques, semblables à celles que l'on a observées lors de précédentes bulles", a-t-il ajouté.

Très prisés des investisseurs en temps de liquidités exceptionnellement abondantes comme en 2013, les grands noms "tech" ont été cette année les premiers à souffrir d'inquiétudes sur un resserrement des taux et du crédit sur les marchés financiers, et sur la croissance mondiale.

Après de très lourdes pertes jeudi, de plus de 5 %, Netflix, Tesla, Facebook ont encore reculé de respectivement 2,40 % à 326,71 dollars, de 0,20 % à 203,78 dollars et de 1,06 % à 58,53 dollars.

Amazon s'est déprécié de 1,31 % à 312,97 dollars, Google (classe C) de 1,91 % à 530,60 dollars. Twitter a décroché de 3,12 % à 40,05 dollars, Apple a cédé 0,74 % à 519,61 dollars. Les valeurs biotechnologiques ont aussi poursuivi leur déclin : Celgene a lâché 2,20 % à 136,90 dollars et Biogen 4,65 % à 274,00 dollars.

Le nouveau plongeon du Nasdaq après une semaine éprouvante laissait certains investisseurs perplexes.

"De deux choses l'une : ou c'est la routine, avec une petite angoisse liée à la valorisation de certains noms du Nasdaq, et une déception dans le secteur bancaire", après les mauvais résultats de JPMorgan Chase, a noté Mace Blicksilver, de Marblehead Asset Management, gérant de fortune et acteur du marché des actions américain depuis plus de 30 ans.

Des gains "insensés" en 2013

Ou bien "c'est beaucoup plus grave que cela" et c'est le début d'une réelle correction du marché "après les gains insensés de l'année dernière", a-t-il souligné. Le Nasdaq s'était notamment apprécié de 38,3 % sur l'année (contre 29,6 % pour le S&P 500).

Quoi qu'il en soit, pour M. Blicksilver, "les investisseurs ont la trouille" et redoutent le scénario d'une explosion de la bulle internet comme au printemps 2000, "même si la survalorisation du marché n'était (à l'époque) pas du tout au niveau actuel".

Peu enclins à restaurer la confiance sur l'activité américaine, le bénéfice et le chiffre d'affaires inférieurs aux attentes au premier trimestre de la première banque américaine en termes d'actifs JPMorgan Chase ont plombé son titre (- 3,66 % à 55,30 dollars).

Les résultats de la banque Wells Fargo, portés par la bonne qualité du crédit en dépit d'un ralentissement de la demande de crédit immobilier, ont été bien accueillis (+ 0,78 % à 48,08 dollars).

Le constructeur General Motors a dégringolé de 4,11 % à 31,93 dollars. Le Congrès a révélé vendredi que sa patronne Mary Barra était au courant de problèmes sur des véhicules plus de deux ans avant leur rappel.

Le groupe américain de compléments nutritionnels Herbalife s'est effondré de 13,97 % à 51,48 dollars. Selon le Financial Times, le FBI et le ministère de la Justice américain ont lancé une enquête sur ce groupe, accusé par ses détracteurs de reposer sur une vaste fraude.

Le marché obligataire, prisé des investisseurs en temps d'incertitude, a progressé. Le rendement des bons du Trésor à 10 ans reculait à 2,619 % contre 2,628 % jeudi soir, et celui à 30 ans à 3,477 % contre 3,503 % à la précédente clôture.

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