06 mars 2021

Dépopulation mondiale – Deux voies, une destination



Je vous propose de considérer les baromètres ultimes du bien-être économique que sont les taux de fécondité et les naissances dans le monde développé, en Chine et dans le reste du monde et de constater que les taux de fécondité sont en chute libre, tombés à des taux majoritairement négatifs [<2, NdT]. On va constater aussi que les taux de fécondité des pays développés sont devenus négatifs en premier, puis ceux de la Chine, puis ceux de la plupart des autres pays (et bientôt ceux de la quasi-totalité du monde).

Une lecture rapide du graphique des taux de fécondité mondiaux, par groupes de revenus ci-dessous, montre une chute brutale et soutenue de la fécondité mondiale depuis 1970. On comprend bien comment (et pourquoi) la Chine y est parvenue… on comprend moins bien comment (et pourquoi) le monde développé y est parvenu en premier et l’a maintenu pendant des décennies. Mon hypothèse est que la baisse des taux de fécondité dans le monde est principalement due aux politiques de taux d’intérêt fixées par les banques centrales qui ont constamment encouragé l’inflation de la dette et des actifs bien avant l’inflation des revenus réels. Cette augmentation du coût de la vie a particulièrement pénalisé les personnes ayant peu ou pas d’actifs compensatoires… principalement les jeunes adultes dans la population en âge de procréer. Le resserrement de la dette depuis des décennies a ralenti les mariages et fait chuter les naissances. Étant donné que la formation d’une famille et la procréation sont désormais un choix grâce à une contraception largement disponible… le choix est de plus en plus, d’y renoncer.

Les données du graphique ci-dessus sont tirées des Perspectives démographiques mondiales 2019 des Nations unies… Les estimations futures de la fécondité et des naissances sont une moyenne plus réaliste entre les estimations médianes et les estimations basses des Nations unies.

Ci-dessous, voici les naissances annuelles par groupe de revenu (plus le revenu national brut moyen par habitant du groupe). Les naissances ne continuent d’augmenter que parmi les plus pauvres et les moins aptes à consommer. Les naissances dans toutes les autres catégories de revenus sont en déclin séculaire. Du point de vue de la consommation, il faut près de 50 consommateurs pauvres de plus pour remplacer la baisse de consommation de chaque consommateur à revenu élevé, près de 12 pauvres de plus pour remplacer la perte de chaque consommateur à revenu moyen supérieur et 10 pauvres de plus pour remplacer la perte de consommation de chaque consommateur chinois. Le calcul de la baisse continue des consommateurs à revenu élevé, moyen-supérieur, chinois et maintenant même à revenu moyen inférieur, remplacés par les consommateurs les plus pauvres et les plus bas est loin d’être fait.



Il est peut-être temps de se demander quel rôle la Réserve fédérale et les banques centrales des pays développés ont joué dans cet effondrement… en particulier par rapport à l’approche de contrôle de la population chinoise, qui consiste à appliquer une politique de l’enfant unique. Les nations développées, par le biais de la politique des taux d’intérêt, semblent avoir atteint des taux de natalité constamment plus bas que l’approche autocratique de la Chine. Étant donné l’accent mis par la banque centrale sur l’environnement, il est clair que l’élément le plus important pour contrôler les émissions, l’épuisement des ressources, etc. est de contrôler la quantité de consommateurs (en particulier parmi ceux qui ont des taux de consommation élevés). Cinq décennies se sont écoulées depuis ce tournant… mais aujourd’hui, la demande organique (quantité de consommateurs de 0 à 65 ans avec capacité de consommation) est appelée à diminuer indéfiniment. Sans la croissance de la population/consommation des pays consommateurs, il n’y a pas de mécanisme de transmission permettant aux pays à faible et moyen revenu d’exporter vers les pays ayant des revenus nationaux bruts par habitant plus élevés. En fait, les pays à revenu moyen inférieur et à faible revenu verront probablement leur part du gâteau commencer à chuter de façon spectaculaire, car la demande des pays développés pour leurs biens et leur travail diminue constamment.

Ci-dessous, voici les populations féminines en âge de procréer des différentes catégories de revenus. La longue diminution des populations de femmes en âge de procréer dans les pays développés (malgré l’immigration), associée à des taux de fécondité très négatifs par rapport au ralentissement de la croissance de la procréation et des taux de fécondité dans les pays à revenu moyen inférieur (Inde, etc.) et à faible revenu. Comme pour la plupart des choses, il y a probablement un point de basculement où l’absence de croissance organique de la population/consommateurs ne peut plus être cachée par l’endettement et la croissance de la population parmi les pauvres et les personnes âgées. Nous y sommes probablement.



Soixante-dix ans de politique de taux d’intérêt de la Réserve fédérale gérant le dollar comme monnaie de réserve mondiale… avec deux périodes distinctes. Trente ans de hausse des taux d’intérêt, suivis de 40 ans de baisse des taux d’intérêt. Ci-dessous, les fonds fédéraux sont évalués en fonction de la demande mondiale représentée par les populations à revenu élevé et faible qui ont des enfants, et de la dette qui en résulte et que la baisse des taux a favorisée.



On peut regarder les mêmes regroupements, mais sur une base de changement d’année en année. Il semble que l’évolution de la demande mondiale (inflation) et la variation annuelle de la population mondiale des consommateurs en âge de procréer soient synchronisées depuis… sept décennies. Cela ne semble pas être une coïncidence. Essentiellement, les taux ont été augmentés alors que la croissance de la demande augmentait rapidement, étouffant une croissance proportionnelle de la capacité… poussant l’inflation et détournant une population croissante d’une nouvelle croissance démographique. Puis, alors que la croissance de la demande se ralentissait, les taux ont baissé, encourageant l’offre excédentaire de nouvelles capacités… et la déflation. Presque simultanément au début du déclin de la population en âge de procréer, le ZIRP a été lancé. Le ZIRP a entraîné une hyperinflation des actifs (enrichissant principalement les détenteurs d’actifs institutionnels et âgés) dans un contexte de stagflation et de déclin de la population en âge de procréer… et de ralentissement de la croissance de la population en âge de procréer dans les pays à faible consommation.



En examinant les populations de moins de 65 ans consommatrices par rapport aux populations de moins de 65 ans à faible consommation, le pourcentage des taux de la Fed et la dette qui en résulte, on constate que le nombre de super consommateurs, c’est-à-dire la population de moins de 65 ans, a baissé… même en incluant l’immigration (prise en compte dans le graphique ci-dessous). Les décennies de réduction des taux d’intérêt jusqu’à l’obtention du ZIRP et la relation inverse de la croissance de la dette qui en résulte sont assez faciles à voir… et ce n’est qu’en examinant leur impact sur la croissance de la population que l’on peut voir leur véritable objectif.



On peut observer la même chose que ci-dessus, sauf que l’on se base sur une variation annuelle d’une année sur l’autre. Le ZIRP, l’explosion de la dette (entraînant une hyperinflation des actifs) et la dépopulation mondiale des consommateurs ne sont pas des coïncidences.



Enfin, le fait que la majorité de la croissance démographique mondiale se produise chez les personnes âgées… est essentiellement un écho de ce que le monde était il y a presque sept décennies, sauf que cette population vit des décennies de plus que les générations qui l’ont précédée. Mais la croissance de cette population est massivement déflationniste car les personnes âgées sont réticentes au crédit et ont tendance à rembourser leurs dettes… détruisant essentiellement la monnaie plus rapidement que la jeune population ne peut créer de l’argent par le biais de nouvelles dettes.



Il semblerait que les sept décennies de gestion des monnaies de réserve mondiales coïncidant avec la baisse sans précédent de la fécondité, des naissances et de la croissance démographique soient fortement corrélées. Le pouvoir de déterminer artificiellement les taux d’intérêt, plutôt que la confiance dans un marché libre, a des répercussions sur les affaires, la finance et l’économie. Mais la politique des taux d’intérêt semble également avoir guidé les taux de natalité et, en fin de compte, la population de cette planète. Comme pour la plupart des choses, je doute que la Réserve fédérale honore ce fait par un commentaire ou une discussion… mais les données suggérant que la Réserve fédérale (y compris BoJ, BCE, BoE, etc.) a, est et continuera probablement à guider le dépeuplement (dans le même but que la Chine… mais avec une méthode différente), tout en choisissant simultanément les gagnants/perdants pour les décennies à venir, semblent assez convaincantes.

Au cas où certains s’interrogeraient encore sur la transmission de la baisse des taux d’intérêt/ZIRP… à la création de dette… à l’appréciation des actifs… en l’absence de croissance du PIB qui en résulterait… veuillez étudier les graphiques ci-dessous notamment celui du Wilshire 5000 (représentant toutes les actions américaines) qui a maintenant doublé le PIB. Et enfin, l’impact du transfert de la richesse à un petit nombre sur les naissances parmi le grand nombre.



Concentrez-vous sur le Wilshire 5000 (qui représente la montée en flèche de l’inflation des actifs américains).



Enfin, qui gagne/perd en fonction de l’inflation des actifs… Le graphique ci-dessous montre l’augmentation de la valeur nette des 10 % d’Américains les plus riches (qui détiennent maintenant plus de 70 % de la richesse totale) par rapport à la diminution de la part de ceux qui ont peu ou pas d’actifs (les 90 % d’Américains les plus pauvres détiennent maintenant moins de 30 % du gâteau).



Part de la valeur nette des 10 % supérieurs / 90 % inférieurs par rapport aux naissances annuelles aux États-Unis.



Ci-dessous, voici les estimations des naissances aux États-Unis en 2000, 2008, 2012, 2014 et 2017 (estimation des naissances jusqu’en 2050) basées sur des modèles économiques et les taux de prêts accommodants de la Fed… et la réalité sur le terrain. Lorsque les entrées se traduisent par une sortie tout à fait inattendue ( ?)…peut-être faut-il procéder à un ajustement du modèle ? Non. Il suffit de faire plus de ce qui n’a pas fonctionné.



Voici maintenant la jauge des naissances annuelles aux États-Unis (quel que soit le statut légal/illégal des parents) par rapport au taux des fonds fédéraux, à la dette négociable américaine, au bilan de la Réserve fédérale (ci-dessous).



Et si on divise les responsables du payement/service de cette dette (naissances annuelles) à l’avenir pour soutenir les péchés du passé qui sera le joug de toute leur vie. Cela ressemble plus à Bitcoin ou à ce à quoi ressemblerait l’or/l’argent si leurs versions papier n’étaient pas ré-hypothéquées encore plus rapidement que la dilution des devises. À un moment donné, les jeunes refuseront de porter ce poids plus longtemps (et il est probable que le dollar deviendra soudainement, violemment, sans valeur en termes de quantités fixes de choses comme l’or/argent physique).

 

Investissez en conséquence !!!…même si cela peut être le fondement de la deuxième guerre civile américaine (danser dans un système immoral tant que la musique joue) !?!

Chris Hamilton

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